Examen d’Etat 2026 : "Un diplôme n’a de valeur que s’il repose sur le mérite, la transparence, l’équité et la rigueur", l’interpellation de la ministre Raïssa Malu aux finalistes

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Raissa Malu au lancement de l’Exetat 2026

La République démocratique du Congo a officiellement lancé, ce lundi 22 juin 2026, les épreuves de la session ordinaire de la 59ᵉ édition de l’Examen d’État et du Jury national du Cycle court, édition 2026. Ces épreuves, qui se clôtureront le jeudi 25 juin prochain, selon le ministère de tutelle, sont placées sous le signe de la rigueur, du mérite et de la consolidation d’un système éducatif plus performant.

Dans son discours de lancement depuis la ville de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, a rappelé l’importance stratégique de l’éducation dans la transformation du pays. Selon la ministre, cette orientation vise à construire "une école plus crédible, plus inclusive et plus exigeante", capable de former " une jeunesse compétente, responsable et profondément attachée à la Nation".

Plus d’un million de candidats inscrits

Pour cette édition 2026, le pays enregistre un total de 1 088 979 candidats pour les deux cycles, dont 44,5 % de filles. Au Cycle long, 1 082 742 candidats sont inscrits, répartis dans 3 267 centres, tandis que le Cycle court professionnel compte 6 237 candidats dans 252 centres. Raïssa Malu a particulièrement insisté sur la progression de la participation féminine : "Par rapport à la session 2025, les filles sont 20 075 de plus cette année. Au Cycle long, leur proportion passe de 42,9 % à 44,7 %."

Pour la ministre, ces chiffres traduisent davantage qu’une simple évolution statistique : ils témoignent des avancées réalisées en matière d’accès équitable à l’éducation.

"Par rapport à la session 2025, je voudrais souligner une évolution importante: les filles sont 20 075 de plus cette année. Au Cycle long, leur proportion passe de 42,9% à 44,7%. Cette progression est particulièrement visible au Kasaï 1 et 2, et à Kinshasa-Lukunga. Elle confirme que les efforts en faveur de la scolarisation, du maintien et de la réussite des filles produisent des résultats, même si nous devons poursuivre cet engagement dans toutes les provinces éducationnelles. Ces données ne sont pas de simples statistiques. Elles représentent des élèves, des familles, des enseignants, des écoles et des communautés. Elles traduisent l'espérance placée par la Nation dans son système éducatif", a-t-elle déclaré dans son discours en présence des responsables du secteur éducatif et autorités provinciales.

Tolérance zéro contre la fraude

Au cœur du message ministériel figure également la préservation de la crédibilité du diplôme d’État. Selon la ministre de tutelle, un diplôme n’a de valeur que s’il repose sur le mérite, la transparence, l’équité et la rigueur, appelant ainsi à ne tolérer " aucune fraude, aucune complaisance, aucune pression extérieure et aucun trafic d’influence"

"L'Examen d'État est un repère national. Il certifie les acquis des élèves, mesure la solidité des apprentissages, interroge la qualité de l'encadrement pédagogique et engage la crédibilité de notre diplôme. Un diplôme n'a de valeur que s'il repose sur le mérite, la transparence, l'équité et la rigueur. C'est pourquoi aucune fraude, aucune complaisance, aucune pression extérieure et aucun trafic d'influence ne peuvent être tolérés", a recommandé Raïssa Malu.

Et de poursuivre :

"La crédibilité de l'évaluation dépend de toute la chaîne éducative: enseignants, inspecteurs, chefs de centre, surveillants, services techniques, administrations provinciales, parents et services de sécurité. Chacun doit remplir sa mission avec discipline, impartialité et sens de l'intérêt général. Protéger l'Examen d'État, c'est protéger la confiance des familles, des universités, du monde professionnel et de la Nation tout entière".

Soutien aux candidats dans les zones difficiles

Après ces épreuves, choisissez des filières qui correspondent à vos aptitudes, mais aussi aux besoins réels de la Nation. À l'en croire, la République démocratique du Congo a besoin d’une jeunesse compétente, disciplinée et capable de transformer ses connaissances en solutions utiles. Elle a invité tous les acteurs impliqués dans l’organisation des examens  enseignants, inspecteurs, chefs de centre, surveillants, administrations et services de sécurité à agir avec "discipline, impartialité et sens de l’intérêt général".

"Je veux adresser une pensée particulière aux candidats qui passent ces épreuves dans les zones affectées par l'insécurité, dans les zones sous occupation, ainsi que dans les milieux où une vigilance sanitaire renforcée s'impose face aux risques épidémiques, notamment Ebola. À vous, je dis que la République ne vous oublie pas. Votre présence à cette session est un acte de courage, de dignité et de résilience. L'État reste mobilisé pour garantir l'accès aux évaluations certificatives et maintenir l'espérance scolaire, même dans l'adversité", a affirmé la Ministre Raïssa Malu Dinanga.

Haut-Katanga à l’honneur

De son côté, le directeur de la province éducationnelle du Haut-Katanga a rappelé que le choix porté sur cette province pour procéder au lancement officiel des épreuves constitue une preuve que le ministère lui accorde une distinction particulière ainsi qu’une confiance qui l’honore profondément. Selon lui, depuis Lubumbashi, c’est toute la République démocratique du Congo qui entre aujourd’hui dans ce grand rendez-vous de l’évaluation nationale.

"Depuis cette province de travail, d’innovation et d’excellence, vous donnez le signal du démarrage des épreuves sur l’ensemble du territoire national, faisant ainsi du Haut-Katanga le point de départ de l’un des plus importants événements scolaires de notre pays. Permettez-moi de porter à la connaissance de cette auguste assemblée que la Province éducationnelle du Haut-Katanga 1 représente un total de 85 908 candidats finalistes, parmi lesquels 43 556 jeunes filles, pour le cycle long, et 61 candidats, dont 58 filles, pour le cycle court, répartis à travers 181 centres de passation rigoureusement sélectionnés et aménagés conformément aux exigences organisationnelles, sécuritaires et sanitaires prescrites par notre ministère", a-t-il fait savoir dans son discours.

La session ordinaire 2026 de l’Examen d’État marque une nouvelle étape dans la modernisation du système éducatif congolais. C'est dans ce cadre que le ministère de tutelle a annoncé le renforcement du processus de correction numérique grâce à l’ouverture de quatre nouveaux centres de scannage à Gemena, Kisangani, Butembo et Tshikapa. Ces infrastructures s’ajoutent à celles déjà opérationnelles à Kinshasa, Lubumbashi et Mbuji-Mayi. Selon le ministère, cette réforme vise à sécuriser le traitement des copies, accélérer la correction et garantir des résultats plus fiables et plus transparents.

Clément MUAMBA