USN : une réunion annoncée par Christophe Mboso suscite une vive controverse au sein de la famille politique de Félix Tshisekedi 

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Christophe Mboso

Se dirige-t-on vers des turbulences au sein de l'Union sacrée de la Nation (USN), la plateforme politique soutenant le président de la République, Félix Tshisekedi, après la diffusion de deux communications contradictoires au sujet d’une réunion annoncée pour ce mardi 23 juin 2026 à Kinshasa ? 

La question mérite d’être posée, d’autant plus qu’un premier communiqué signé par Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, se présentant comme doyen et deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, convie les présidents des regroupements politiques, les présidents des partis politiques, ainsi que les députés nationaux et sénateurs membres de l’Union sacrée à une " rencontre urgente " prévue mardi 23 juin 2026 à 15 heures au Fleuve Congo Hôtel.

Selon ce document, l’ordre du jour devait être communiqué sur place. Le communiqué de l'ancien président de l'Assemblée nationale insiste également sur " l’importance de cette rencontre", précisant que "la présence de tous est vivement souhaitée".

Cependant, quelques heures après la diffusion de cette invitation, le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, le professeur André Mbata Mangu, a publié une mise au point rejetant formellement cette initiative. Dans sa réplique, André Mbata affirme ne pas reconnaître " la tenue d'une réunion de l'Union sacrée de la Nation convoquée par une structure fantôme dénommée "Coordination de l'Union sacrée de la Nation", qui n'existe pas dans la Charte de l'USN".

Le secrétaire permanent conteste également la qualité sous laquelle cette réunion a été convoquée.

"La personne qui signe le communiqué invitant les députés nationaux, sénateurs et présidents des partis, regroupements politiques et associations membres de l'USN à une réunion qui se tiendrait à l'Hôtel du Fleuve devrait indiquer en quelle qualité elle agit", écrit-il dans sa réplique.

André Mbata soutient par ailleurs que la " Coordination de l'Union sacrée de la Nation " n'est "pas un organe statutaire de l'USN " et ne figure pas dans la Charte adoptée lors du deuxième congrès extraordinaire de la plateforme présidentielle.

Rappelant les dispositions organisationnelles de l’Union sacrée, le secrétaire permanent affirme que "seul le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de Haute Autorité politique de l'USN, est compétent pour convoquer les réunions du Présidium et de la Conférence des présidents, par l'entremise du secrétaire permanent".

Cette divergence publique intervient dans un contexte qui met en lumière des tensions internes au sein de la majorité présidentielle, à un moment où l’Union sacrée est appelée à resserrer ses rangs autour des principaux enjeux politiques et institutionnels du pays. Cette situation survient notamment alors que le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle continue d'alimenter les controverses. L’opposition accuse le pouvoir de vouloir modifier la Constitution afin de permettre à Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat, prévue en décembre 2028, avec une passation de pouvoir attendue en janvier 2029.

L’initiative attribuée à Christophe Mboso intervient également alors qu’Augustin Kabuya, secrétaire général du parti présidentiel, avait récemment fustigé l’attitude de certains membres de l’Union sacrée de la Nation qu’il accuse de garder le silence sur les grands enjeux du moment, notamment la question de la réforme constitutionnelle.

Clément MUAMBA