Plusieurs axes de la route nationale numéro 5 sont en délabrement très avancé dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, obligeant les usagers à des travaux manuels spontanés pour se frayer le passage. Si les usagers peinent à parcourir une centaine de kilomètres en une journée, la situation risque de s'empirer suite à une falaise qui ronge cette voie à hauteur de Kotamabanga, près du Village d'Ake.
Des bourbiers et des flaques d'eau menacent parallèlement la chaussée et les usagers en payent le prix. Chapeau bleu à la tête, ses bottines noires au pied, Watsibabi Tasongole traverse le calvaire au quotidien sur cette route. Panne de sa moto d'un côté, la difficulté de se mouvoir de l’autre, il crie au secours des autorités.
« Conduire sur cette route est un parcours de combattants. La route est totalement délabrée. Quand il pleut, la souffrance s'accroît sur nous conducteurs et même les passagers. C'est pratiquement tous les tronçons qui restent impraticables. De Baraka jusqu'à la limite avec la province du Maniema où je fais souvent des navettes, la route mérite d'être aménagée. À Kotamabanga, si rien n’est fait, la route sera bientôt coupée. Que le gouvernement congolais vienne réhabiliter cette route au vu de son importance pour nous la population locale », lance-t-il.
Mawango Alain interrogé par ACTUALITE.CD à Kotamabanga, se rappelle des nuits blanches passées sur cette route. En cas de pluie, le risque de rater d'atteindre sa destination est très élevé, soutient-il.
« La route est impraticable et des camions poids lourds creusent davantage des trous le long de la route. Et ces derniers temps, nous passons des nuits entières sur cette route. Nos marchandises périssent parfois et nous sommes confrontés chaque fois à des pannes régulières de nos engins roulants. Pour un axe qu'on parcourait à trois ou quatre heures, nous faisons désormais deux à trois jours. De Misisi à Baraka, nous contournons même certains axes suite au délabrement, mais là aussi ce n'est toujours pas facile », fait-il savoir.
L'administrateur du territoire de Fizi, Badibanga Kalonji Samy affirme à ACTUALITE.CD avoir écrit à sa hiérarchie pour la réhabilitation de cette route, mais tout est bloqué suite à la guerre qui se poursuit dans l'est du pays. Il reconnaît le bien-fondé de la réhabilitation d'une si grande route qui relie plusieurs entités du Sud-Kivu aux provinces du Maniema et du Tanganyika.
« Nous avons la route nationale numéro 5 qui constitue pour nous le corridor commercial quittant Bukavu. C'est une route d'une grande importance économique, mais depuis la prise de Bukavu et d'Uvira, les activités sont au ralenti et le prix des denrées alimentaires a galopé sur le marché », justifie l’AT de Fizi.
Contournant la RN5, certains usagers empruntent des routes considérées comme des raccourcis dont celle de Kilicho. C’est le cas du Comité International de la Croix Rouge (CICR) qui a emprunté ce raccourci pour l'acheminement de l'aide humanitaire vers des zones enclavées. Quoi qu’il en soit, une petite pluie suffit pour rendre ce raccourci impraticable et retarder. D’où les marchandises des usagers se détériorent affectant les prix des denrées alimentaires et produits essentiels sur le marché.
Dieubon Mughenze, envoyé spécial à Fizi