Kinshasa : l’avocat-conseil de Lisette Kabanga, haut cadre du CNC, dénonce la diffamation dont sa cliente est victime au sujet des “prétendues” arrestations 

Maître Ciamba Ckiness, l'un des avocats de Lisette Kabanga Tshibwabwa, haut cadre du CNC
Maître Ciamba Ckiness, l'un des avocats de Lisette Kabanga Tshibwabwa, haut cadre du CNC

Créé par ordonnance présidentielle en 2023 et rattaché à la Présidence de la République en tant que service spécialisé, le Conseil National de Cyberdéfense (CNC), dirigé par Jean-Claude Bukasa, est depuis quelque temps sous les projecteurs dans l’environnement sociopolitique congolais, à la suite d'interpellations et d’arrestations visant notamment des officiers supérieurs et généraux des Forces armées de la République Démocratique du Congo, des acteurs sociopolitiques, ainsi qu’un nombre important d’opposants ainsi que d’autres personnalités.

Dans son activisme, qui s’inscrit dans un contexte marqué par la guerre d’agression rwandaise menée par l’entremise de la rébellion de l’AFC/M23 dans l’Est de la RDC, un seul nom est régulièrement cité et est considéré dans l’environnement sociopolitique congolais comme la " femme-orchestre " à la base de ces arrestations. Il s’agit de Lisette Kabanga Tshibwabwa, haut cadre du CNC et proche collaboratrice de son coordonnateur, Jean-Claude Bukasa, tous deux dépendant du chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Au cours d’un point de presse tenu ce samedi 31 janvier à Kinshasa, ses avocats-conseils ont rejeté ces accusations et mis en garde les responsables de ce qu’ils qualifient de diffamation dont leur cliente serait victime, au sujet de prétendues arrestations attribuées à ce service rattaché à la première institution du pays. 

" Madame Kabanga Lisette est de nationalité congolaise, résidant à Kinshasa, en RDC, fonctionnaire de l'État, qui accomplit ses devoirs professionnels avec conscience, et ce, conformément aux lois et règlements de la République. Depuis un certain temps, elle fait l'objet d'un lynchage savamment orchestré par certaines organisations de la société civile en collaboration avec certaines officines politiques pour nuire méchamment à son honneur et sa dignité en tant que femme et mère d'enfants. Cette campagne de diffamation est malheureusement relayée par certains médias nationaux et internationaux utilisant même de nouvelles technologies de communication pour en assurer une large diffusion ", a dénoncé, devant la presse, Maître Ciamba Ckiness. 

La possibilité d’engager des poursuites judiciaires

D’après ces mêmes avocats, si cette campagne venait à se poursuivre, ils n’excluent pas la possibilité de passer à l’étape supérieure, à savoir engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces accusations.

" Elle dément formellement aujourd'hui tous les faits méchamment lui imputés et annonce le dépôt incessant en justice d'une plainte contre les auteurs et complices de sa diffamation. En conséquence, elle met en garde toute personne, qui serait tentée de rééditer les mêmes faits, verbalement ou par l'utilisation de nouvelles technologies de communication, car, elle n'hésitera pas à saisir l'autorité judiciaire compétente. Aussi, elle en appelle à la responsabilité de tous les Congolais, en général, et les responsables de médias, en particulier, à ne plus jamais relayer ce genre d'imputations dommageables, sous peine d'engager leurs responsabilités pénales et civiles individuelles conformément aux lois de la République."

Dans le même registre, Maître Ciamba Ckiness est revenu sur une série de dispositions légales auxquelles s’exposent les contrevenants qui persistent à diffamer sa cliente. Il a rappelé que l’article 74 du Code pénal dispose que quiconque a méchamment et publiquement imputé à une personne un fait précis de nature à porter atteinte à son honneur ou à sa considération, ou à l’exposer au mépris public, est passible d’une servitude pénale de huit jours à un an, ainsi que d’une amende.

Poursuivant son argumentaire, il a évoqué l’article 360 du Code du numérique, lequel dispose que quiconque initie ou relaie une fausse information contre une personne par le biais des réseaux sociaux, des systèmes informatiques, des réseaux de communication électronique ou de toute autre forme de support électronique, est puni d’une servitude pénale d’un à six mois et d’une amende de cinq cent mille à un million de francs congolais, ou de l’une de ces peines seulement.

Selon l’ordonnance portant création, organisation et fonctionnement du CNC, ce service est doté d’une autonomie administrative et financière. Il s’agit d’une structure stratégique et sécuritaire dont la mission principale est la coordination de l’ensemble des services ayant un objet en lien avec la cyberdéfense et le cyber renseignement.

À ce titre, le CNC est notamment chargé de conseiller et d’informer le Président de la République sur toutes les questions relatives à la cyberdéfense et au cyber renseignement.

Clément MUAMBA