Est de la RDC : Tshisekedi évoque la détresse des déplacés et réfugiés appelant à traiter avec lucidité, la cause première de cette souffrance

Les habitants de Sake fuyant vers Goma (Illustration)
Les habitants de Sake fuyant vers Goma (Illustration)

Ce samedi, le Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi a réuni au Palais de la Nation, les ambassadeurs et diplomates accrédités en République démocratique du Congo, pour une cérémonie d’échange des vœux. Il a attiré leur attention sur la situation humanitaire particulièrement préoccupante dans l’Est du pays, notamment dans et autour de la ville d’Uvira, ainsi que dans les localités situées tout au long de la plaine de la Ruzizi.

Dans ces zones, Tshisekedi a fait état de milliers de familles déplacées à l’intérieur du pays, vivant dans une précarité extrême et confrontées à des besoins urgents en matière d’assistance humanitaire. À cette détresse interne, a-t-il poursuivi, s’ajoute celle des réfugiés se trouvant notamment au Burundi, où ils continuent de faire face à d’importantes difficultés et à une vulnérabilité persistante.

Face à cette réalité, le Chef de l’État a affirmé que le gouvernement de la République entend renforcer la coordination avec les partenaires humanitaires, régionaux et internationaux, afin d’assurer protection, dignité et solutions durables aux populations affectées, et de créer les conditions d’un retour durable à la paix et à la stabilité.

"Mais il serait illusoire de traiter l’urgence humanitaire sans regarder, avec lucidité, la cause première de cette souffrance : l’instabilité entretenue et la violence récurrente. Les populations de l’Est, déjà éprouvées par des décennies d’épreuves, ne peuvent plus être condamnées à ce cycle tragique où chaque avancée diplomatique se trouve aussitôt neutralisée par des replis tactiques, des provocations nouvelles ou des offensives déguisées. Les développements récents sur le terrain, y compris autour d’Uvira, rappellent à quel point la situation demeure fragile et combien la mise en œuvre des engagements pris doit être rigoureuse, suivie et vérifiable", a fait remarquer le Chef de l'État Félix Tshisekedi dans son intervention

Au regard d’un déficit critique de financement, la communauté humanitaire en République démocratique du Congo est contrainte de prioriser strictement sa réponse en 2026. C’est dans ce contexte que le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et la communauté humanitaire ont lancé, ce mercredi 28 janvier 2026 à Kinshasa, un appel urgent de 1,4 milliard USD afin de répondre aux besoins humanitaires dans le pays en 2026.

Selon les deux parties, ces ressources sont indispensables pour venir en aide à des millions de Congolaises et de Congolais pris au piège de l’une des crises humanitaires les plus prolongées et les plus négligées à travers le monde. À défaut de financements suffisants, la réponse humanitaire en 2026 sera recentrée sur 7,3 millions de personnes, parmi près de 15 millions ayant des besoins vitaux en assistance et en protection.

L'année 2025 a déjà montré les conséquences dramatiques du sous-financement. Par exemple, au cours de l'année, la réduction des capacités opérationnelles a conduit à la fermeture de plus de 1000 centres de nutrition, privant plus de 390 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère d'une prise en charge essentielle.

Environ 1,5 million de personnes ont perdu l'accès aux soins de santé primaires en raison de la fermeture de structures, de ruptures de stock de médicaments vitaux et d'une capacité réduite de prévention et de réponse aux épidémies. Les cibles d'assistance alimentaire mensuelles ont été réduites jusqu'à 73 %, exposant les populations les plus vulnérables à des risques accrus de faim et de privation.

Ce plan s'inscrit dans un contexte humanitaire profondément bouleversé dans l'Est du pays depuis janvier 2025. Les affrontements au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri ont fait évoluer les besoins, perturbé les chaînes d'approvisionnement et multiplié les contraintes administratives et sécuritaires. Selon OCHA, l'accès aux populations est devenu plus dangereux et plus complexe que jamais. 

Clément MUAMBA