Les secteurs des Wanianga et des Bakano, deux entités qui composent le territoire de Walikale au Nord-Kivu, sont confrontés à une recrudescence de conflits liés au pouvoir coutumier et à la gestion foncière. Ces tensions, souvent latentes, constituent aujourd’hui l’un des facteurs majeurs d’insécurité dans plusieurs villages et groupements de la zone.
À l’origine de ces conflits figurent principalement la contestation de la légitimité des autorités coutumières. Dans de nombreux cas, plusieurs prétendants revendiquent le droit de diriger une même entité, entraînant des divisions profondes au sein des communautés. Ces rivalités fragilisent la cohésion sociale, compromettent la cohabitation pacifique et alimentent un climat de méfiance généralisée.
Sur le terrain, ces différends dégénèrent régulièrement en affrontements violents entre partisans des camps opposés, occasionnant parfois des pertes en vies humaines et des déplacements de populations. Les conflits fonciers, étroitement liés aux enjeux de pouvoir coutumier, exacerbent davantage les tensions, notamment autour des limites des collines, de la propriété des terres et du contrôle des ressources locales.
Face à l’ampleur du phénomène, la Commission consultative de règlement des conflits coutumiers (CCRCC) se dit débordée par le nombre croissant de dossiers. Bien que ses membres multiplient les séances de médiation pour apaiser les tensions, leurs efforts se heurtent souvent à la complexité des litiges, à l’absence de documents clairs et à la politisation de certaines revendications.
Dans une tentative de réponse structurelle à cette crise, le chef de secteur des Wanianga a initié un projet de recensement participatif des collines et de leurs responsables. Cette initiative vise à identifier de manière consensuelle les propriétaires légitimes, à clarifier les limites territoriales et à établir une base de données fiable sur l’organisation coutumière locale.
À terme, ce processus est présenté comme un outil de prévention des conflits, susceptible de réduire les contestations récurrentes et de restaurer progressivement la paix sociale dans les entités de base.
Toutefois, son succès dépendra de l’adhésion réelle des communautés concernées, de la transparence du processus et de l’accompagnement effectif des autorités administratives et judiciaires.