En marge de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, la Délégation de l’Union européenne en République démocratique du Congo, le Consulat général du Royaume de Belgique et le Centre Carter ont organisé mercredi une table ronde consacrée aux enjeux et défis du devoir de diligence dans les chaînes d’approvisionnement et de valeur des minerais critiques issus de la RDC.
Cette rencontre a réuni des représentants de l’industrie minière, des organisations de la société civile, des partenaires au développement, des investisseurs ainsi que des acheteurs de minerais et de produits intermédiaires provenant de la RDC.
L’objectif était d’ouvrir un dialogue franc sur les mécanismes permettant de garantir un approvisionnement responsable et durable en minerais stratégiques, notamment le cuivre et le cobalt, indispensables à la transition énergétique mondiale et aux technologies numériques.
Un secteur stratégique confronté à des défis majeurs
Depuis plus de vingt ans, la République démocratique du Congo occupe une place centrale dans les chaînes mondiales d’approvisionnement en minerais critiques. Toutefois, l’exploitation minière se déroule dans un environnement marqué par de nombreux défis, notamment les atteintes aux droits humains, les impacts environnementaux, la pauvreté persistante des communautés locales et les limites de la régulation publique.
Face à ces réalités, les organisateurs ont souligné l’importance d’un exercice rigoureux du devoir de diligence, consistant à identifier, prévenir, atténuer et réparer les risques et impacts négatifs liés aux activités minières tout au long de la chaîne de valeur.
Promouvoir une exploitation minière responsable
Les échanges ont mis en lumière les initiatives déjà mises en œuvre dans certaines zones minières du pays pour améliorer la gouvernance du secteur et renforcer la gestion responsable des risques. Les participants ont insisté sur la nécessité d'une action collective impliquant les entreprises minières, les investisseurs, les autorités publiques, les consommateurs finaux et les communautés locales afin de construire des chaînes d’approvisionnement respectueuses des droits humains et de l’environnement.
« Une gestion responsable des risques est possible et se pratique déjà à certaines échelles locales. Elle nécessite un effort collectif d’identification préalable des risques et de mise en œuvre de mesures de prévention, de mitigation et de remédiation », ont rappelé les organisateurs lors des travaux.
Sensibiliser et proposer des solutions concrètes
À l’heure où plusieurs partenaires internationaux réévaluent leurs stratégies d’approvisionnement en minerais critiques, cette table ronde visait également à définir les conditions d’un commerce plus équitable, bénéfique aux populations congolaises et conforme aux standards internationaux de responsabilité.
« Un approvisionnement responsable en minerais critiques doit être juste, durable et soucieux du bien-être des populations congolaises », ont souligné les participants.
Vers une nouvelle vision de la gouvernance minière
Les discussions de Lubumbashi interviennent dans un contexte où la demande mondiale en minerais critiques ne cesse de croître. Pour les participants, cette évolution représente une opportunité majeure pour la RDC, à condition que l’exploitation de ses ressources naturelles s’accompagne d’une gouvernance plus transparente, d’un respect accru des droits des communautés et d’une meilleure protection de l’environnement. La table ronde a ainsi permis de poser les bases d’une réflexion collective sur les moyens de concilier développement économique, attractivité des investissements et responsabilité sociale dans le secteur minier congolais.
José Mukendi