Ebola : le G7 appelle à une réponse forte et coordonnée et promet de mobiliser un soutien international pour contenir l’épidémie

Centre de traitement d'Ebola/Photo d'illustration
Centre de traitement d'Ebola/Photo d'illustration

Face à la résurgence de l’épidémie d’Ebola en Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, les dirigeants du G7, réunis à Évian-les-Bains, en France, mardi 16 juin 2026, appellent à une mobilisation internationale renforcée afin de contenir la propagation du virus et de soutenir les pays affectés.

Dans un communiqué rendu public à l’issue de cette réunion, les membres du G7, soutenus par leurs partenaires que sont l’Égypte, l’Inde, le Kenya et la République de Corée, ont lancé un appel à une "réponse forte et coordonnée"  pour faire face aux risques sanitaires liés à cette nouvelle flambée épidémique, notamment celle provoquée par la souche rare d’Ebola de Bundibugyo.

Les dirigeants du G7 ont exprimé leur solidarité envers les populations touchées ainsi que leur compassion à l’égard des familles affectées par les pertes en vies humaines causées par la maladie. Le groupe souligne toutefois que la situation demeure particulièrement complexe dans l’Est de la RDC, où l’épidémie se concentre dans une zone isolée et affectée par des conflits, rendant les opérations de confinement, de prise en charge médicale et de déploiement logistique plus difficiles.

"Nous sommes profondément attristés par les pertes en vies humaines et le fardeau que la maladie fait peser sur les communautés touchées, et nous exprimons notre solidarité avec les pays concernés. L'épidémie actuelle est concentrée dans une zone isolée et touchée par un conflit en RDC, ce qui rend le confinement, les soins médicaux et la logistique d'intervention particulièrement difficiles. Les vaccins, les tests de diagnostic et les traitements existants ne sont pas pleinement efficaces contre la souche virale rare en cause. Nous saluons les efforts courageux déployés par les personnels de santé, les bénévoles et les communautés locales, ainsi que le renforcement des mesures prises par les gouvernements nationaux pour lutter contre cette épidémie", lit-on dans le communiqué final rendu public par l'Élysée.

Rappelant les efforts précédemment déployés par le G7 pour lutter contre Ebola, les membres du groupe se disent déterminés à collaborer avec les pays partenaires afin de relever ces défis. Conformément à leur approche fondée sur des partenariats mutuellement bénéfiques, ils affirment que la priorité absolue demeure d’empêcher toute nouvelle propagation du virus, aussi bien dans la zone touchée de l’Est de la RDC que vers les pays voisins et d’autres régions du monde.

"Endiguer et mettre fin à l'épidémie dépendra d'un traçage efficace des contacts, de la prévention et du contrôle des infections, du respect des mesures de quarantaine et d'isolement, des tests en laboratoire, de la préparation transfrontalière, de la surveillance des frontières et de la mobilisation des communautés. Afin de minimiser l'impact de l'épidémie, nous devons veiller à ce que le virus reste confiné à une zone aussi restreinte que possible, où nous pourrons mobiliser massivement les ressources médicales et humanitaires", disent-ils dans le communiqué final.

Dans le même document, les membres du G7 se disent résolus à fournir et à mobiliser un soutien en faveur d’une réponse mondiale coordonnée, afin de faciliter la mise au point et la distribution efficace de vaccins, de tests de diagnostic et de traitements spécifiques pour lutter contre cette épidémie au cours des prochains mois.

Ils saluent les membres du G7, les partenaires et les autres institutions qui ont déjà apporté un soutien financier et technique, notamment à travers le déploiement de personnels et d’experts médicaux, afin de garantir une réponse internationale rapide à cette épidémie. Ils rendent également hommage à ceux qui continueront à annoncer des soutiens supplémentaires pour renforcer la riposte.

"Nous saluons le déploiement rapide par les États-Unis de plus de 370 millions de dollars de ressources sanitaires et humanitaires pour la région et leur engagement à consacrer jusqu'à 500 millions de dollars supplémentaires à la lutte contre Ebola, en plus des 650 millions de dollars d'aide humanitaire pour la région des Grands Lacs. Nous saluons également le soutien continu de l'Union européenne, qui s'élève à 493 millions d'euros pour l'aide d'urgence, les vaccins, les traitements et la sécurité sanitaire dans la région des Grands Lacs et en Ouganda, dont 84 millions d'euros d'aide humanitaire immédiate, de financement du développement et de la recherche en réponse à l'épidémie", souligne le communiqué du G7.

Alors que le Plan continental de préparation et de riposte mobilise 518 millions de dollars pour aider les pays africains à se préparer à l’épidémie, à la détecter rapidement et à y répondre efficacement, les dirigeants du G7 appellent les autres pays et partenaires, au-delà du groupe, à consacrer des ressources à la lutte contre cette menace mondiale, selon les moyens qu’ils jugeront les plus appropriés.

"Reconnaissant le rôle important du secteur privé dans la riposte à l’épidémie, nous encourageons également l’accélération du développement d’outils de prévention, de préparation et de riposte. À cet égard, le G7 réaffirme son soutien à la relance humanitaire menée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies et à son plan visant à fournir une aide vitale à 87 millions de personnes en 2026. Les membres du G7 ont fourni plus des deux tiers des fonds collectés jusqu'à présent cette année, et nous appelons les autres pays à se joindre à nos efforts", ont-ils fait savoir à l'issue de la réunion.

Par la même occasion, les membres du G7 ont promis de continuer à suivre de près l’évolution de la situation, en collaboration avec leurs partenaires, afin d’empêcher la propagation de ce virus dangereux, y compris au-delà des frontières. À titre illustratif, ils ont évoqué le fait que des millions de personnes voyageront à travers le monde pour des raisons professionnelles, touristiques, ainsi que pour assister à la Coupe du Monde organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique dans les prochaines semaines. Ils estiment dès lors nécessaire de renforcer la coordination internationale afin de garantir la sécurité sanitaire des voyageurs.

"Nous devons garantir leur sécurité. À cette fin, tout en respectant les prérogatives nationales, nous nous engageons à renforcer la coordination entre nos autorités nationales et à œuvrer pour une harmonisation des procédures de voyage, de quarantaine et d'isolement appropriées et efficaces pour les personnes ayant séjourné dans les régions touchées, conformément aux normes internationales les plus strictes en matière de santé et de sécurité publiques", ont-ils fait savoir.

Au cours de cette rencontre, les participants ont indiqué, dans le communiqué final, que les États-Unis convoqueront une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 afin de discuter de nouvelles actions collectives et de mobiliser un soutien financier plus large en faveur d’une réponse mondiale efficace et coordonnée à cette urgence de santé publique. Selon le communiqué final, "cet appel à l’action reflète le résultat des discussions entre les membres du G7" qui ont bénéficié d’échanges de vues constructifs avec les pays partenaires.

Le 17 mai 2026, soit deux jours après la déclaration officielle de l'épidémie en République démocratique du Congo, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo, qui s'est propagé de la RDC vers l'Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC).

Selon l'OMS, l'épidémie a connu une expansion géographique importante et son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est notamment aggravée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l'insuffisance des infrastructures sanitaires ainsi que les difficultés d'accès à certaines zones touchées par les conflits.

À ces défis s'ajoute l'absence, à ce jour, de vaccin homologué et de traitement spécifique contre le virus Bundibugyo. Malgré ce contexte préoccupant, les autorités congolaises demeurent optimistes et s'appuient sur l'expérience acquise lors des seize précédentes épidémies d'Ebola que le pays est parvenu à maîtriser

Clément MUAMBA