RDC : le PPRD compare le « chien » de Tshisekedi au « crapaud » utilisé contre Lumumba

Manifestation publique réunissant les militants du PPRD. Ph/Actualite.cd

La coordination du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) en diaspora, ainsi que plusieurs personnalités politiques, ont condamné des propos tenus par le président congolais Félix Tshisekedi à Houston contre son prédécesseur Joseph Kabila, qu'il avait qualifié de « chien » sans le nommer directement. 

Dans un communiqué, le PPRD Diaspora a dénoncé des propos « graves, irresponsables et indignes », estimant qu'ils relèvent d'« une dérive dangereuse du pouvoir » plutôt que du débat démocratique. Le parti, fondé par Joseph Kabila, a reproché au chef de l'État d'avoir détourné, selon ses termes, « une plateforme sportive » pour proférer des insultes contre un ancien président de la République.

Le PPRD Diaspora a salué en Joseph Kabila « l'artisan de la réunification nationale, de la Constitution du 18 février 2006, des premières élections pluralistes et de la première alternance pacifique du pouvoir » en RDC. Il a établi un parallèle historique entre le terme « chien » et celui de « crapaud », qu'il attribue à un usage antérieur contre Patrice Emery Lumumba, dénonçant ce qu'il a appelé un « atavisme troublant » de « déshumanisation politique ».

La coordination a par ailleurs accusé le pouvoir de chercher à détourner l'attention de ses échecs sécuritaire, social, diplomatique et démocratique. Le communiqué invoque l'article 64 de la Constitution congolaise, qui fait obligation à tout citoyen de faire échec à quiconque exercerait le pouvoir en violation de la loi fondamentale. Le texte est signé par Sandra Nkulu-Kyungu, coordonnatrice du PPRD Diaspora.

D'autres personnalités ont également réagi. Néhémie Mwilanya, qui a dirigé le cabinet de Joseph Kabila, a écrit sur le réseau social X qu'« un président ne devrait pas dire ça », reprenant une formule empruntée à un ouvrage des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Il a estimé que diriger « le géant Congo » impose de « savoir garder la tête sur les épaules » et de « contenir l'hystérie », mettant en garde contre le risque de « verser l'huile sur un feu qu'on a allumé et déjà difficile à éteindre ». Il a jugé impossible d'« effacer » Joseph Kabila Kabange « et son œuvre ».

Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre sous la présidence de Joseph Kabila, a affirmé que « les injures n'ont pas de place dans une République », estimant que l'unité et la cohésion nationale ne peuvent se construire dans « l'humiliation constante des adversaires ».

Seth Kikuni, candidat à l'élection présidentielle de 2023, a accusé Félix Tshisekedi d'avoir, en traitant Joseph Kabila de « chien », insulté du même coup les électeurs ayant voté pour lui en 2006 et 2011. Il a affirmé que la violence et les actes d'intimidation visant l'opposition trouvaient selon lui leur origine dans le discours du chef de l'État, et a appelé à la mobilisation contre lui.