Les dirigeants du G7 ont appelé mardi 16 juin, à une mobilisation internationale renforcée afin de faire face à la résurgence de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, ainsi qu’aux risques en matière de sécurité sanitaire, et de garantir une riposte efficace.
Dans un communiqué, les chefs d’État et de gouvernement du G7, soutenus par leurs pays partenaires que sont l’Égypte, l’Inde, le Kenya et la République de Corée, ont lancé un appel à une action collective pour contenir la propagation du virus.
Les dirigeants du G7 soulignent toutefois que la riposte sanitaire demeure fortement affectée par la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, où les conflits compliquent la mise en œuvre des mesures de santé publique nécessaires.
"Nous constatons que la mise en œuvre de mesures de santé publique efficaces est entravée par le conflit qui se poursuit dans l’est de la RDC. À cet égard, nous appelons toutes les parties à honorer leurs engagements et à appliquer pleinement les Accords de Washington pour la paix et la prospérité et le Cadre de Doha", ont-ils recommandé dans le communiqué final rendu public à l'issue de la réunion.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, le G7 insiste sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les acteurs impliqués dans la lutte contre l’épidémie afin d’éviter les chevauchements et d’accélérer la réponse humanitaire et sanitaire. Les dirigeants du G7 encouragent également l’ensemble des partenaires à aligner leurs interventions sur les plans et besoins identifiés par les Nations Unies afin d’optimiser l’efficacité de la riposte.
"Enfin, nous appelons les acteurs concernés à améliorer leur coordination et à éviter les doublons afin de garantir une réponse aussi rapide et efficace que possible à cette crise. Dans ce contexte, nous encourageons l’alignement sur les plans et les besoins identifiés par les Nations Unies", ont-ils ajouté dans le communiqué final.
Le 17 mai 2026, soit deux jours après la déclaration officielle de l'épidémie en République démocratique du Congo, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo, qui s'est propagé de la RDC vers l'Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC).
Selon l'OMS, l'épidémie a connu une expansion géographique importante et son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est notamment aggravée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l'insuffisance des infrastructures sanitaires ainsi que les difficultés d'accès à certaines zones touchées par les conflits.
À ces défis s'ajoute l'absence, à ce jour, de vaccin homologué et de traitement spécifique contre le virus Bundibugyo. Malgré ce contexte préoccupant, les autorités congolaises demeurent optimistes et s'appuient sur l'expérience acquise lors des seize précédentes épidémies d'Ebola que le pays est parvenu à maîtriser.
Clément MUAMBA