Ebola en Ituri : à Aru, la fermeture des frontières aggrave les inquiétudes économiques

Ph. CAID

Au-delà de l'urgence sanitaire, l'épidémie de maladie à virus Ebola commence à produire de lourdes conséquences économiques dans plusieurs territoires de l'Ituri. À Aru, territoire frontalier fortement dépendant des échanges commerciaux avec l'Ouganda et le Soudan du Sud, les inquiétudes grandissent au sein de la population.

Lors de la cérémonie de remise et reprise entre les gouverneurs militaires de l'Ituri, le membre du bureau de l'Assemblée provinciale, Maître Tabani, a alerté sur les répercussions socio-économiques de la crise sanitaire dans cette partie de la province.

Selon lui, les restrictions liées à Ebola affectent déjà les activités commerciales qui constituent le principal moteur économique du territoire.

" Aujourd'hui, la frontière avec l'Ouganda est fermée, mais aussi même avec le Soudan du Sud. Cela impacte fortement les activités économiques dans le territoire d'Aru. Vous savez qu'Aru dépend largement de l'Ouganda sur le plan économique. Même la monnaie utilisée dans plusieurs transactions est la monnaie ougandaise", a-t-il expliqué.

Territoire de transit et de commerce, Aru entretient depuis plusieurs décennies d'importants échanges avec les pays voisins. La circulation des marchandises, des commerçants et des voyageurs constitue l'une des principales sources de revenus pour de nombreuses familles.

Face au risque de voir l'épidémie gagner davantage de terrain, l'élu provincial appelle la population à redoubler de vigilance.

" J'invite notre population à respecter les mesures barrières afin que cette maladie ne puisse pas davantage affecter Aru. Nous sommes déjà confrontés à des difficultés économiques à cause des restrictions actuelles. Si les cas augmentent, les conséquences risquent d'être encore plus lourdes ", a-t-il averti.

Maître Tabani a également présenté ses condoléances aux familles touchées par Ebola avant d'insister sur la nécessité d'une mobilisation collective.

" Le virus est là. Il est dans notre province. Il faut que chacun se protège et protège son entourage. Le respect des mesures barrières demeure essentiel pour freiner la propagation de la maladie", a-t-il déclaré.

Alors que l'Ituri demeure l'épicentre de la 17ᵉ épidémie d'Ebola en RDC, les autorités sanitaires continuent d'appeler les populations à signaler rapidement les cas suspects et à collaborer avec les équipes de riposte afin d'éviter une aggravation de la situation sanitaire et économique.

Freddy Upar, à Bunia