Plusieurs proches de l'ancien président congolais Joseph Kabila ont vivement critiqué jeudi des propos tenus la veille par le président Félix Tshisekedi devant la diaspora congolaise à Houston, où il avait visé son prédécesseur sans le nommer.
Mercredi soir, après le match nul (1-1) des Léopards face au Portugal à la Coupe du monde, Félix Tshisekedi avait évoqué l'arrivée au pouvoir de Joseph Kabila en des termes très critiques, qualifiant l'ancien chef de l'État de « chien qu'ils pouvaient exploiter », sans le citer directement.
Richard Muyej, ancien gouverneur de la province du Lualaba et ancien ministre de l'Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, a dit avoir pris connaissance « avec un profond regret » de ces déclarations qu'il a qualifiées d'« offensantes » à l'égard d'un prédécesseur dont, selon lui, « chacun garde en mémoire la transition pacifique et exemplaire ».
L'ancien ministre, qui a également dirigé les Postes et nouvelles technologies de communication ainsi que les Relations avec le Parlement sous Joseph Kabila, a estimé que la tenue de tels propos en pleine célébration d'un succès sportif national « heurte la conscience collective ». Il a dénoncé un positionnement qui, selon lui, « n'est plus un incident isolé » mais « tend à devenir une constante de gouvernance ».
Félix Momat, ancien vice-ministre du Budget a, de son côté, jugé que le chef de l'État, en substituant « l'invective à l'argumentation », ne s'attaquait pas seulement à son prédécesseur, mais « dégrade la fonction qu'il est censé incarner ». Il a qualifié l'épisode de « faute institutionnelle grave » et d'« entorse manifeste à l'esprit républicain ».
Bienvenu Matumo, membre de la plateforme d'opposition Sauvons la RDC, fondée par Joseph Kabila, a dénoncé des propos « irrespectueux, indignes et irresponsables » qui, selon lui, « creusent davantage les divisions internes » dans un contexte de « fragilité territoriale ». Il a appelé à une mobilisation de l'opposition et de la société civile le 8 juillet, qu'il souhaite voir aboutir, selon ses mots, au départ de Félix Tshisekedi du pouvoir.
Ces réactions interviennent alors que le Parlement congolais a adopté le 15 juin une loi sur l'organisation d'un référendum, dénoncée par l'opposition comme une porte ouverte à un troisième mandat présidentiel. Joseph Kabila, sanctionné fin avril par les autorités américaines pour soupçon de soutien à l'AFC-M23, fait par ailleurs l'objet d'une condamnation à mort prononcée par la justice militaire congolaise.