RDC : plus de 64 millions de Congolais vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 6 000 FC par jour (Rapport INS)

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Un marché à Kinshasa

L’Institut national de la Statistique (INS) a rendu public son rapport final sur les conditions de vie des ménages en République démocratique du Congo, présentant le profil et le seuil de pauvreté dans les différentes provinces.

Le rapport, réalisé entre 2024 et 2025 et parvenu à ACTUALITE.CD, indique que parmi les 94 472 557 Congolais, 64 252 234 personnes vivent sous le seuil de pauvreté, fixé à 2 073 282 FC par personne et par an (soit 172 774 FC par mois ou 5 680 FC par jour), ce qui représente une incidence moyenne de la pauvreté évaluée à 67,9 % au niveau national.

Les données montrent en outre que « l’intensité de la pauvreté, indicateur rendant compte de l’écart moyen de revenu par rapport au seuil de pauvreté, est évaluée en moyenne à 42,3 % du seuil ». Le rapport souligne néanmoins que, pour éradiquer la pauvreté dans l’hypothèse d’un ciblage parfait, le montant de revenu qui devrait être transféré quotidiennement à un individu pauvre pour le sortir de cet état s’élève à 2 400 FC. « Les estimations effectuées révèlent que la profondeur et la sévérité de la pauvreté sont également élevées, évaluées respectivement à 28,7 % et 15,5 % », ajoute-t-il.

Le taux de pauvreté est nettement plus élevé en milieu rural

Le document indique par ailleurs que la forte concentration démographique en milieu rural fait que, sur dix personnes pauvres, sept y vivent. Il précise que l’indice de l’écart de pauvreté, qui mesure la différence moyenne entre le niveau de consommation des populations pauvres et le seuil de pauvreté, est beaucoup plus élevé en milieu rural.

« En effet, cet indice est de l’ordre de 32 % en milieu rural contre 21 % en milieu urbain. De même, l’indicateur de sévérité de la pauvreté est presque le double en milieu rural. Cela signifie que les pauvres vivant en milieu rural ont un niveau de consommation individuelle qui s’écarte davantage du seuil de pauvreté que celui des pauvres résidant en milieu urbain », explique le rapport.

Il poursuit : 

« En milieu rural, un individu dépense en moyenne 4 800 FC par jour pour l’ensemble de ses besoins de consommation, tant alimentaires que non alimentaires. Ce montant est de 6 800 FC en milieu urbain, soit près d’une fois et demie (1,4 fois) celui des individus vivant en milieu rural ».

Selon la classification par provinces, la ville de Kinshasa demeure le milieu où la pauvreté est la moins répandue, avec une incidence estimée à 52,6 %. Viennent ensuite les provinces du Kongo Central, du Lualaba, du Haut-Katanga, de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de la Tshuapa, du Kwango, du Mai-Ndombe, de l’Équateur et de la Lomami, qui figurent dans un sous-ensemble caractérisé par une incidence comprise entre 60 % et moins de 70 %. Enfin, le sous-ensemble extrême regroupe le reste des provinces, où l’incidence de la pauvreté atteint 70 % ou plus.

Pour le ministre d’État en charge du Plan et de la coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, cette enquête, menée sur l’ensemble du territoire national, permet d’établir un diagnostic détaillé et comparatif du profil de pauvreté, d’assurer le suivi et l’évaluation de la stratégie nationale pour la croissance et l’emploi, ainsi que de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs de développement durable. Elle permettra également, ajoute ce membre du gouvernement, d’évaluer les effets des programmes et politiques macroéconomiques mis en œuvre en RDC sur les conditions de vie des ménages au cours des dernières années.

Samyr LUKOMBO