RDC: face à la crise humanitaire dans le Sud-Kivu et Maniema en 2025, MSF a intensifié ses urgences pour sauver des vies

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Photo d'illustration/MSF

Les actions d'urgence de l'organisation Médecins sans Frontières ont été intensifiées tout au long de l'année 2025 dans le provinces du Sud-Kivu et Maniema dans la partie Est de la RDC.

Tenues dans un contexte particulier avec la présence des affrontements entre différents groupes armés et les épidémies notamment Choléra,

" Cette intensification témoigne une nouvelle fois de l'aggravation de la crise humanitaire dans l'est du pays dans un contexte marqué par le gel et la réduction des financements humanitaires" dit le MSF.

Dans ce rapport annuel, plusieurs chiffres ont été révélés notamment la vaccination contre le choléra dans plusieurs zones.

" En 2025 l’équipe a effectué trois opérations d’urgence suite à des épidémies de rougeole dans le Maniema (Kasongo, Kabambaré) ainsi qu'au Sud-Kivu (Minova). Au total, 75 000 enfants de moins de cinq ans ont été vaccinés et 4 500 malades pris en charge.

Elle a aussi réagi à une épidémie de choléra à Lomera au Sud-Kivu où elle a vacciné 11 000 personnes et soigné 760 personnes atteintes de cette maladie très contagieuse" note le MSF.

Dans le Sud-Kivu comme le Maniema, les routes sont dans un délabrement avancé, cependant le RUSC a aussi effectué deux activités d’urgence pour venir en aide aux populations déplacées dans deux zones du Sud-Kivu : à Katana, Kalehe et Bunyakiri.

" Des populations déplacées par les affrontements entre l’armée congolaise, leurs alliés Wazalendo et le groupe armé AFC/M23. Là, les équipes médicales ont apporté leur aide aux établissements de santé dont les activités avaient été perturbées par le conflit. Dans les hôpitaux et centres de santé, elles ont appuyé les consultations médicales, les accouchements, les interventions chirurgicales, traité les enfants malnutris et pris en charge les survivantes de violences sexuelles. Au total, MSF y a réalisé 35 000 consultations et hospitalisé 10 800 personnes", ajoute le MSF qui souligne que le  principal défi de cette équipe mobile est très souvent l’accès particulièrement complexe à certaines.

« Cela a été le grand défi de notre équipe cette année, d’autant que cela peut occasionner des retards dans notre réponse à l’urgence », explique Faustin Bibentyo, Coordinateur médical adjoint de MSF au Sud-Kivu. 

Dans le MANIEMA, c'est surtout à Kabambare où  le RUSC est parvenu à administrer aux enfants non seulement trois vaccins contre plusieurs pathologies comme la rougeole, la pneumonie grave, la méningite, la diphtérie, le tétanos mais aussi un quatrième vaccin contre le Roravirus, un virus qui peut causer des gastro-entérites graves chez les enfants. Une première pour MSF au Sud-Kivu.

« C’est une réussite pour nous, nous devions assurer la chaîne logistique du froid entre Kindu et Kabambare. Tout a bien fonctionné, cela a permis de renforcer la vaccination de routine des enfants et d'améliorer la couverture vaccinale dans la zone . Au Sud-Kivu, avec la guerre qui est arrivée, le ministère de la Santé n'assure plus son appui à l'intégralité du système de santé. Certaines zones ne sont donc plus approvisionnées ni en vaccin ni en médicaments, ce qui rend nos interventions d'urgence encore plus nécessaires ”, ajoute Faustin Bibentyo.

Le MSF a toute fois précisé qu'en 2026, l'équipe d'urgence reste en alerte au Sud-Kivu.