Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a estimé samedi que « l’attitude des deux parties est plutôt belligérante » dans l’est de la RDC, soulignant que la Mission de l’ONU (MONUSCO) « n’a ni le mandat ni la capacité d’imposer la paix », et que la question d’éventuelles sanctions relevait exclusivement du Conseil de sécurité.
Présent à Addis-Abeba pour l’ouverture du 39e sommet de l’Union africaine, M. Guterres s’est exprimé dans un entretien accordé à RFI, alors que la cheffe par intérim de la MONUSCO, Vivian van de Perre, s’est rendue jeudi à Goma pour appuyer les préparatifs liés au suivi et à la vérification du cessez-le-feu.
« Il faut, premièrement, reconnaître que nous avons eu un certain nombre d’accords, c’est vrai, mais que les combats se sont poursuivis et que l’attitude des deux parties est plutôt belligérante », a déclaré le chef de l’ONU, en référence aux accords signés à Washington puis à Doha.
« On peut signer des accords, mais s’il n’y a pas de confiance, ces accords ne vont pas résoudre le problème », a-t-il ajouté, estimant que « sans que cette confiance soit rétablie, ce sera très difficile de pacifier l’est du Congo ».
M. Guterres a souligné les limites de la mission onusienne. « La MONUSCO n’a pas la capacité d’imposer la paix. Ni le mandat, ni la capacité », a-t-il affirmé, précisant que l’ONU participe « activement » aux contacts avec les deux parties et avec les médiateurs afin de « progressivement rétablir une confiance qui a été complètement brisée ».
Interrogé sur l’hypothèse de sanctions internationales visant des responsables rwandais cités dans des rapports de l’ONU, le secrétaire général a rappelé que « la question des sanctions est une question de la compétence stricte du Conseil de sécurité ».
« C’est une question qui n’a pas encore été discutée. Aucun pays n’a encore fait de proposition. Ce ne sera pas facile, je crois, d’obtenir le consensus du Conseil », a-t-il dit, tout en affirmant qu’« il faut rétablir l’intégrité territoriale du Congo ».
Selon lui, « la question essentielle pour le moment, c’est de faire que le cessez-le-feu fonctionne effectivement », qualifiant ce point de « préalable » au rétablissement de la confiance.
Ces déclarations interviennent alors que le président congolais Félix Tshisekedi a insisté, lors d’un entretien avec M. Guterres en marge du sommet de l’UA, sur « l’urgence d’un appui technique et crédible » de la MONUSCO pour garantir l’opérationnalisation du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, en application de la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité.
Sur le terrain, Mme van de Perre est arrivée par voie aérienne à Goma, une première depuis l’interruption prolongée de l’accès aérien à la ville en janvier 2025 selon la mission. Conformément à la résolution 2808 (2025), la MONUSCO est autorisée à soutenir la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent, notamment par un appui technique et logistique à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) dans le cadre du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (EJVM+).
Une première équipe de Casques bleus doit être déployée à Uvira, dans le Sud-Kivu, pour appuyer le mécanisme de surveillance. La mission précise que ce déploiement ne constitue pas un retour durable dans la province, d’où elle s’est retirée en juin 2024, mais un appui limité et encadré par le dispositif de vérification.