Acceptation de la proposition angolaise sur le cessez-le-feu: la Belgique encourage les parties à saisir cette dynamique pour en assurer l’effectivité

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Joâo Lourenço

Les récents développements de la situation sécuritaire ouvrent une perspective encourageante pour l’Est de la République démocratique du Congo, en proie aux violences des groupes armés et à l’agression rwandaise à travers la rébellion de l’AFC/M23. Cette analyse est de Maxime Prévot, vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement.

Pour le chef de la diplomatie belge, l’appel au cessez-le-feu lancé par le président angolais et président sortant de l’Union africaine, João Lourenço, ainsi que la mission effectuée à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, par la Représentante spéciale par intérim du Secrétaire général, dans le cadre du mécanisme de vérification et de facilitation de l’aide humanitaire, constituent des avancées importantes.

"J’encourage l’ensemble des parties et les diverses forces politiques à saisir pleinement cette dynamique afin d’instaurer un cessez-le-feu effectif et de contribuer de façon constructive à un dialogue inclusif en faveur de la paix et du développement. La Belgique demeure résolument engagée pour soutenir ces efforts visant à faire taire définitivement les armes et à consolider la cohésion nationale" a fait savoir vendredi 13 février 2026 sur X le Chef de la diplomatie Belge.

Dans un communiqué de la Présidence de la République rendu public vendredi 13 février 2026, il a été annoncé que le président de la République, Félix Tshisekedi, a accepté le principe d’un cessez-le-feu devant entrer en vigueur le mercredi 18 février prochain, " dans un esprit de responsabilité, d’apaisement et de recherche d’une solution pacifique au conflit ". La Présidence congolaise a toutefois prévenu que toute consolidation unilatérale des positions militaires, ou toute action visant à altérer l’équilibre sur le terrain durant la période de cessez-le-feu, compromettrait gravement la crédibilité du processus et en affaiblirait les perspectives.

Sans pour autant s’inscrire dans le schéma angolais qu’elle dit ne pas reconnaître, la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, a de son côté réaffirmé son engagement à mettre en œuvre, sans délai et de bonne foi, le mécanisme du cessez-le-feu convenu dans le cadre du processus de Doha. Selon les dirigeants de ce mouvement rebelle, cette démarche s’inscrit dans une logique de responsabilité politique et dans une volonté sincère d’aboutir à un règlement négocié, durable et inclusif du conflit.

Cette évolution de la situation fait suite à la proposition angolaise formulée à l’issue d’une rencontre tenue à Luanda entre le président angolais João Lourenço, le président congolais Félix Tshisekedi, le président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine, et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, représentant des anciens chefs d’État désignés par l’UA comme facilitateurs du processus de paix en RDC.

Cette dynamique diplomatique avait été précédée par une réunion de haut niveau tenue à Lomé, au Togo, le 17 janvier 2026, consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l’Union africaine pour l’est de la RDC, cette rencontre a réaffirmé la volonté de travailler en étroite coordination avec les États-Unis et le Qatar afin d’encourager les différentes parties à honorer leurs engagements.

À l’issue de cette réunion de Lomé, l’Union africaine avait précisé l’architecture de sa médiation pour le processus de paix dans l’est de la RDC. Cette nouvelle architecture est placée sous l’autorité de Faure Essozimna Gnassingbé et appuyée par cinq cofacilitateurs, chacun chargé d’un volet spécifique, ainsi que par un secrétariat conjoint associant l’Union africaine et plusieurs organisations régionales.

Clement MUAMBA