L’ancien président de l’Assemblée nationale et vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Aubin Minaku Ndjalandjoko, a été arrêté dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 janvier 2026, à sa résidence privée de Kinshasa, par les forces de sécurité congolaises.
Cette arrestation continue de susciter des réactions contrastées au sein de l’opinion publique. Interrogée par le Desk Femme d’Actualité.cd, Joséphine Mbela, avocate et activiste des droits humains, appelle à une analyse empreinte de retenue et de sens des responsabilités.
« Dans un État de droit, toute arrestation, quel que soit le statut de la personne concernée, doit être examinée à l’aune du droit, des faits et du respect des garanties procédurales », rappelle-t-elle.
Selon elle, la légalité d’une arrestation ne se mesure pas à l’identité de la personne arrêtée, mais au strict respect de la procédure : présomption d’innocence, droits de la défense, compétence de l’autorité saisie et motivation juridique des actes posés. Elle insiste sur le fait que seuls les magistrats sont habilités à communiquer officiellement sur les motifs précis d’une arrestation, tandis que les citoyens doivent exiger des poursuites fondées sur des faits établis et juridiquement solides.
Pour Joséphine Mbela, cet événement pourrait avoir des répercussions majeures sur le climat politique.
« Il peut renforcer l’idée d’une justice égale pour tous, mais aussi accentuer la méfiance si les citoyens perçoivent une justice sélective ou instrumentalisée », a-t-elle déclaré.
D’après elle, la société apparaît aujourd’hui divisée : une partie de l’opinion y voit une avancée dans la lutte contre l’impunité, tandis qu’une autre y décèle un règlement de comptes politiques. Cette polarisation traduit, selon elle, un déficit structurel de confiance envers les institutions publiques.
Joséphine Mbela estime qu’une justice indépendante et transparente constituerait un progrès démocratique, tandis qu’une justice instrumentalisée représenterait un recul. Elle appelle les citoyens et les activistes à exercer une veille démocratique active : documenter les faits, défendre les droits humains, exiger la transparence judiciaire et promouvoir un débat apaisé, fondé sur le droit plutôt que sur les émotions.
« Je les invite à rester vigilants, engagés et respectueux de la loi. La démocratie ne se consolide ni par la violence ni par la manipulation, mais par une citoyenneté active, informée et attachée aux valeurs de justice et d’État de droit », conclut-elle.
Déborah Misser Gbalanga, stagiaire