La nouvelle société civile congolaise (NSCC) dit son inquiétude face à la vague d’arrestations d'opposants proches de Joseph Kabila et de certains hauts gradés de l’armée, dénonçant le non-respect des droits fondamentaux garantis par la constitution. Dans un communiqué, elle exige notamment que toute personne détenue en dehors du délai légal soit présentée devant son juge naturel « si des charges sérieuses existent à son encontre ».
Jonas Tshiombela, coordonnateur de cette organisation voit dans ces opérations nocturnes de services de sécurité une situation qui risque de peser « sur la stabilité sociale ». Il démontre que la poursuite de ces pratiques « opaques » peut entraîner à « des dérives, à des manipulations par des acteurs inciviques ou criminels, et exposer inutilement les services de sécurité à des accusations graves, au détriment de la confiance entre les institutions et la population ».
La NSCC qui formule sa demande de libération pure et simple de toutes personnes concernées à défaut d’éléments juridiquement fondés, appelle par ailleurs au respect des procédures avant toute privation de liberté, dont le droit pour toute personne interpellée d'être informée des faits qui lui sont reprochés le droit à l'assistance d'un conseil.
À Kinshasa, plusieurs opposants, dont des cadres et membres du PPRD, ancien parti au pouvoir, ont été arrêtés dans des circonstances qui énervent la loi. Plusieurs jours après leur arrestation, aucune communication n’a été faite sur le lieu de leur détention, encore moins les infractions à la base de ce qui a motivé les services de sécurité de se saisir d’eux. Ces événements interviennent dans un contexte politique crispé, exacerbé par l’insécurité dans l’Est et des accusations contre Kabila de complicité avec les rebelles de l’AFC/M23. L’ancien Chef de l’Etat a d’ailleurs été condamné à mort.
Samyr LUKOMBO