Sud-Kivu : environ 1 900 établissements scolaires, soit 22,8 % de l’ensemble des écoles de la province n’ont pas fonctionné en décembre, compromettant l’accès à l’éducation de 555 552 enfants

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Le secteur éducatif congolais est fortement touché par les effets de la guerre menée par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, contre les forces gouvernementales dans l’Est de la République démocratique du Congo. Dans son aperçu de la situation sécuritaire et humanitaire du mois de décembre 2025, rendu public dimanche 25 janvier 2026, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a dévoilé les impacts des affrontements sur le secteur de l’éducation dans la province du Sud-Kivu, l’une des provinces dont de vastes pans sont sous le contrôle de la rébellion.

"Le secteur de l’éducation figure parmi les plus touchés par l’intensification des affrontements dans plusieurs localités du Sud-Kivu. Selon le Cluster Éducation, au moins 123 écoles ont été directement affectées par les violences, notamment attaquées, incendiées, détruites ou occupées par des groupes armés. Ces incidents ont entraîné la mort de quatre élèves, fait six blessés et conduit à l’enlèvement de trois autres", rapporte OCHA. 

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies révèle qu’environ 1 900 établissements scolaires, soit 22,8 % de l’ensemble des écoles de la province, n’ont pas fonctionné au mois de décembre compromettant l’accès à l’éducation pour 555 552 enfants (270 829 filles et 284 723 garçons), représentant 24,9 % des effectifs scolaires. 

"Cette situation a fortement perturbé la continuité éducative et exposé les enfants à des risques accrus de protection, notamment en raison de leur présence prolongée hors des cadres d’apprentissage sûrs et protecteurs", souligne le rapport. 

Le secteur éducatif est durement frappé par les offensives du M23, soutenu par l’armée rwandaise, dans l’Est de la République démocratique du Congo. Plus de 2 500 écoles ont été affectées et plus de 1,4 million d’enfants privés de cours, uniquement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’alerte du gouvernement a été lancée mardi 4 mars 2025 par Raïssa Malu, ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, lors d’un briefing presse au cours de laquelle elle a tiré la sonnette d’alarme sur les dangers d’un statu quo.

À cette occasion, Raïssa Malu a, au nom du gouvernement, déploré le fait que certaines écoles aient servi de cimetières ou que des tableaux aient été détruits. "Cette situation de guerre met à mal le travail réalisé ces dernières années pour améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage. C’est un double crime. On affecte les enfants aujourd’hui, et le fait de les priver de leur scolarité rend extrêmement difficile la construction de la société de demain. L’éducation doit rester sacrée. Il y a des écoles qui ouvrent, mais l’on constate que les parents gardent encore majoritairement leurs enfants à la maison", a fait savoir la ministre.

Depuis le début de l’année 2025, l’escalade du conflit et l’intensification des attaques de la rébellion AFC/M23, appuyée par le Rwanda au Nord et au Sud-Kivu, ont provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Les violences ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés, tandis que les routes coupées et l’insécurité compliquent davantage l’accès humanitaire. Malgré ces conditions difficiles, les acteurs humanitaires poursuivent leurs opérations vitales en négociant l’accès aux zones affectées et en fournissant des soins médicaux d’urgence, une aide alimentaire ainsi que d’autres formes d’assistance essentielle.

Clément MUAMBA