Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a dévoilé dimanche 25 janvier 2026, la situation épidémiologique du mois de décembre 2025 dans la province du Sud-Kivu. Selon cet aperçu, la province a continué de faire face à une forte pression épidémique, marquée par une recrudescence simultanée des cas de Mpox, de choléra et de rougeole.
D’après ledit rapport, la situation demeure préoccupante en raison de l’extension géographique des flambées, de la persistance de facteurs de vulnérabilité structurelle et des capacités limitées de surveillance et de réponse.
"La flambée de mpox s’est intensifiée au cours du mois, avec 2 495 nouveaux cas, dont un décès, portant le cumul annuel à 21 886 cas et 19 décès. Depuis le début de l’épidémie en 2023, les 34 ZS de la province sont touchées, avec une concentration particulièrement élevée dans les ZS de Miti-Murhesa, Nyangezi, Uvira, Nyantende, Lulingu, Minova, Walungu, Kadutu, Kaziba, Kalehe, Kabare et Kitutu. La large dispersion géographique témoigne d’une transmission communautaire soutenue", rapporte OCHA.
Selon le même document, le choléra a également connu une progression notable, avec 1 007 nouveaux cas et 13 décès rapportés en décembre, portant le cumul annuel à 129 951 cas et 91 décès en 2025. Plusieurs ZS, dont Uvira, Fizi, Nundu, Katana, Ruzizi, Lemera, Kimbi-Lulenge, Idjwi, Ibanda et Kalehe, sont demeurées en situation épidémique jusqu’au 31 décembre.
Pour l'Agence onusienne, la persistance des cas reflète les défis structurels en matière d’accès à l’eau potable, d’assainissement et de pratiques d’hygiène dans les communautés affectées.
Concernant la rougeole, 1 598 nouveaux cas, dont 9 décès, ont été enregistrés en décembre 2025. Au 29 novembre, le cumul annuel atteignait 11 819 cas et 177 décès. La situation épidémiologique reste critique dans les ZS de Kamituga, Kitutu, Minova, Nyangezi, Bunyakiri, Mubumbano et Bagira, où la transmission demeure active. L’ampleur des cas, combinée aux faibles taux de vaccination dans certaines aires de santé, continue de représenter un risque élevé pour les enfants, en particulier dans les communautés déplacées et difficiles d’accès.
"Dans l’ensemble, la coexistence de ces trois épidémies, associée à l’insécurité persistante dans plusieurs territoires, exerce une pression considérable sur le système de santé provincial".
Depuis le début de l’année 2025, l’escalade du conflit et l’intensification des attaques de la rébellion AFC/M23, appuyée par le Rwanda au Nord et au Sud-Kivu, ont déplacé des centaines de milliers de personnes, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Les violences ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés, tandis que les routes coupées et l’insécurité compliquent davantage l’accès humanitaire.
Malgré ces conditions difficiles, les acteurs humanitaires poursuivent leurs opérations vitales en négociant l’accès aux zones affectées et en fournissant des soins médicaux d’urgence, une aide alimentaire ainsi que d’autres formes d’assistance essentielle. Selon l’ONU, il est impératif de garantir un accès humanitaire rapide, sans entrave et sécurisé aux populations dans le besoin, et de lever tous les obstacles existants.
En dépit des avancées annoncées dans le cadre des initiatives de médiation notamment le processus de Washington piloté par les États-Unis pour le dossier RDC–Rwanda et l’implication du Qatar dans la crise opposant la RDC à la rébellion AFC/M23, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Face à ce constat, de nombreuses voix appellent les parties prenantes à respecter les engagements contenus dans les différents accords et déclarations signés, afin de faire taire les armes et offrir enfin une chance à la paix après près de trois décennies de conflit
Clément MUAMBA