Une accalmie relative règne depuis la matinée de ce samedi 30 août dans plusieurs quartiers de la partie nord de la ville de Goma, notamment Mabanga-Sud, Mabanga-Nord et Majengo dans la commune de Karisimbi, ainsi que Buhene et Don Bosco, dans le groupement Munigi, territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu. Cette situation fait suite à une nuit marquée par une vive panique, alimentée par des affrontements armés intenses ayant éclaté la veille à l’aube du vendredi 29 août.
Selon plusieurs sources locales, les affrontements impliquant des éléments de l’AFC-M23 et des miliciens Wazalendo se sont déroulés dans le groupement Munigi, vers Don Bosco. Des tirs nourris à l’arme lourde et légère ont été entendus dès 23 heures dans certains quartiers de Goma, notamment Mabanga-Sud, Mabanga-Nord et Majengo.
Des explosions de bombes ont retenti à Majengo, vers Vision 20/20, plongeant la population dans la peur et l’incertitude.
« Nous avons entendu des coups de feu dans la nuit. C’étaient en tout cas des détonations d’armes lourdes et légères. Nous ignorions de quoi il s’agissait, et cela nous a plongés dans une grande psychose. Nous avons compris plus tard que c’était des attaques contre les positions de la rébellion du M23. Pour nous, s’il y a ceux qui veulent libérer la ville de Goma, qu’ils s’assurent d’avoir tous les moyens. Ils montent des stratégies de force. Mais ces attaques mettent nos populations en danger, car sinon ces rebelles vont s’en prendre à nous. Pour le moment, les gens vaquent librement à leurs occupations », témoigne un habitant du quartier Majengo, joint par ACTUALITE.CD.
Des sources concordantes évoquent des affrontements liés à la tentative des miliciens Wazalendo de repousser les rebelles du M23/AFC, qui occupent Goma depuis la fin du mois de janvier dernier. Aucun bilan humain ou matériel n’a encore été communiqué.
D'autres sources parlent d’un échange de tirs entre des bandits, en pleine opération de vol, et les éléments militaires de la rébellion de l’AFC/M23.
Pour l'heure, aucun bilan précis n’est disponible. Quelques corps en tenue militaire sont visibles. Une source médicale a confirmé qu’au moins un décès et un blessé ont été enregistrés dans une structure hospitalière à Goma.
Les nouvelles autorités de la ville n’ont pas encore livré de déclaration officielle sur les événements de la nuit.
Il s’agit de la deuxième attaque des miliciens Wazalendo dans la ville de Goma et le territoire de Nyiragongo. La dernière attaque avait eu lieu le vendredi 11 avril. Elle avait précipité le départ des troupes de la SADC de la ville de Goma, les rebelles de l’AFC-M23 les ayant alors accusées de complicité avec les miliciens Wazalendo qui avaient attaqué la ville.
Josué Mutanava, à Goma