Assemblée nationale: une question d’actualité adressée à la Minaffet Kayikwamba au sujet de l’accord sur la déportation des migrants des USA vers la RDC

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La Ministre d'État des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, est attendue incessamment à l'Assemblée nationale pour répondre à une question d’actualité relative à l’annonce d’un accord entre la République démocratique du Congo et les États-Unis concernant l’accueil, en RDC, des ressortissants de pays tiers expulsés du territoire américain.

Cette initiative est portée par le député national Emile Sumaili Miseka, élu de la circonscription électorale de Shabunda (Sud-Kivu), dans un contexte où l’annonce du gouvernement congolais a suscité un tollé dans l’environnement sociopolitique du pays. De nombreuses voix dénoncent une décision prise "sans mandat ni moyens " y voyant une atteinte à la souveraineté nationale et aux principes fondamentaux de l’État de droit.

Se confiant à ACTUALITE.CD ce mercredi 8 avril 2026, soit un jour après le dépôt de son initiative, cet élu du groupe parlementaire Action des Alliés et Union pour la Nation Congolaise (À/A-UNC) rappelle que des rapports de la société civile et même de certains partenaires internationaux de la RDC n’ont pas bien accueilli la décision de recevoir des demandeurs d’asile expulsés des États-Unis. Selon lui, cette expérience a déjà été tentée ailleurs sans résultats positifs, ce qui justifie sa démarche consistant à inviter la cheffe de la diplomatie congolaise à venir expliquer la situation à l’Assemblée nationale avant le début de cette opération d’accueil.

"Ces migrants là qui vont venir dans notre pays, ils sont combien ? Nous avons besoin de connaître leur effectif. Nous avons besoin de savoir combien de temps ils vont passer dans notre pays ? Aux États-Unis quand quelqu'un soumet sa demande d'asile ça peut lui prendre même 9 ans avant d'être reçu par un juge et là étant sur place ça augmente la pression maintenant qu'ils seront loin des États-Unis, est-ce que l'administration américaine aura la même diligence pour le traitement de ce dossier ? Je ne pense pas, ils doivent nous dire combien de temps ces étrangers vont passer chez nous ici", a déclaré à ACTUALITE.CD, le député national Emile Sumaili Miseka.

Une autre préoccupation soulevée dans sa question d’actualité concerne le lieu exact où ces expulsés seront logés et, sur le plan sécuritaire, la manière dont la situation sera gérée si certains d’entre eux sont des ressortissants de pays ayant des contentieux ou des agressions envers la RDC.

"Où est-ce qu'ils seront casés ? Ils seront logés où précisément dans notre pays? Dans quelle ville ? On va les mettre ensemble avec toute la population dans nos cités ou dans nos villes ou on va construire pour eux des structures d'accueil qui seront isolées et où seront localisées ces structures d'accueil?  Je voudrais savoir de la Ministre d'État les mesures sécuritaires qu'ils ont mises en place parce que parmi ces migrants il y a aussi ceux venant de nos pays limitrophes et surtout ma crainte c’est que parmi eux qu'ils soient des ressortissants des pays qui nous agressent. S’il y a parmi eux des ressortissants rwandais comment est-ce qu'ils vont gérer cette situation ?", s'est interrogé l'élu. 

La République démocratique du Congo a annoncé dimanche 5 avril 2026 la mise en œuvre, à partir du même mois, d’un dispositif d’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers relevant des mécanismes migratoires des États-Unis. Selon un communiqué du ministère de la Communication et des Médias, le gouvernement précise que ce dispositif, défini conjointement avec les autorités américaines, s’inscrit dans le respect de la souveraineté nationale en matière de gestion de l’accès et du séjour des étrangers, ainsi que dans le cadre des engagements internationaux et régionaux du pays en matière de protection des droits des migrants.

Kinshasa souligne que la prise en charge logistique et technique sera assurée par le gouvernement américain, via des structures spécialisées, et qu’« aucune charge financière » ne sera supportée par le Trésor public congolais. Les personnes concernées seront accueillies dans des sites situés dans la ville-province de Kinshasa, avec un encadrement administratif, sécuritaire et humanitaire. Selon le communiqué, les autorités insistent sur le caractère temporaire du dispositif, excluant toute installation durable sur le territoire. « Aucun transfert automatique n’est prévu » et chaque situation fera l’objet d’un examen individuel, conformément aux lois nationales et aux exigences de sécurité.

La question d’actualité fait partie des instruments de contrôle parlementaire et trouve son fondement dans la Constitution, à l’article 131, ainsi que dans les articles 179 et 191 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Une fois déposée, elle prime sur tous les autres types de questions afin d’être rapidement inscrite à l’ordre du jour pour examen, en raison de son caractère d’urgence.

À l’heure actuelle, la Ministre d’État, Thérèse Kayikwamba Wagner, séjourne à Rio de Janeiro, au Brésil, où elle prendra part à la 9ᵉ Réunion ministérielle de la Zone de paix et de coopération de l’Atlantique Sud (ZOPACAS), prévue du 9 au 10 avril 2026. À son retour au pays, elle se présentera à l’Assemblée nationale pour y être entendue.

Clément MUAMBA