La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola, qui touche principalement la province de l’Ituri. Officiellement déclarée le 15 mai dernier, cette 17ᵉ flambée épidémique de l’histoire du pays suscite une vive inquiétude au sein de la communauté internationale. En quelques semaines seulement, les autorités sanitaires ont recensé environ 131 décès et plus de 513 cas suspects, des chiffres en constante augmentation en raison de la rapidité de propagation du virus.
L’inquiétude grandit particulièrement autour du variant identifié, la souche Bundibugyo. Contrairement à la souche « Zaïre », à l’origine des précédentes crises, aucun vaccin ni traitement spécifique homologué n’existe actuellement contre ce variant. Avec un taux de létalité estimé entre 30 % et 50 %, la prise en charge médicale repose essentiellement sur des soins de soutien, notamment la réhydratation intensive et le traitement des symptômes, afin d’augmenter les chances de survie des patients.
La situation géographique et sécuritaire de l’épicentre complique considérablement la gestion de la crise. Les premiers foyers ont été signalés dans des zones minières de l’est du pays, caractérisées par une forte mobilité des populations et une insécurité persistante liée à la présence de groupes armés, dont le M23. Les violences et la dégradation des infrastructures entravent l’accès humanitaire, compliquent le déploiement des centres de soins et ralentissent le dépistage biologique, contraignant parfois les équipes médicales à se baser uniquement sur des suspicions cliniques.
Face au risque d’une propagation régionale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché une urgence de santé publique de portée internationale, tandis que l’Africa CDC a activé son niveau d’alerte maximal. Des cas confirmés ont déjà été signalés en Ouganda, alors que des dispositifs de surveillance renforcée sont en place au Kenya et au Soudan du Sud. Pour limiter la propagation du virus, plusieurs organisations humanitaires, dont l’UNICEF, acheminent d’urgence du matériel sanitaire et mobilisent des milliers d’agents communautaires afin de renforcer les mesures barrières dans les zones à risque.