RDC : le gouvernement lance la phase de rédaction des réformes électorales identifiées après l’évaluation du processus électoral

Elections à Masi-Manimba
Elections à Masi-Manimba

Lors de la 90e réunion du Conseil des ministres, tenue sous la direction du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, à la Cité de l’Union africaine, un point majeur a porté sur l’avancement des travaux du groupe de travail chargé de l’évaluation du processus électoral 2021-2024, mis en place par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, conformément à la décision prise lors de la 9ᵉ réunion du Conseil des ministres du 16 août 2024.

Cette démarche du gouvernement de la RDC s’inscrit dans une dynamique de réformes structurelles visant à renforcer la crédibilité et l’efficacité du système électoral en République démocratique du Congo. 

Selon la note d’information du VPM de l’Intérieur, à la suite d’un atelier de travail intensif organisé du 14 au 18 mai 2026 pour structurer les réformes électorales, les membres du groupe de travail ont entamé la phase de rédaction des principales réformes identifiées.

"Sur le plan politique, le point a été fait sur le groupe de travail mis en place pour l'évaluation du processus électoral 2021-2024, conformément à la décision de la 9ème réunion du Conseil des Ministres du 16 août 2024. A la suite de la tenue d’un atelier de travail intense de cinq jours du 14 au 18 mai 2026, ledit groupe s’attèle à un travail d'écriture des reformes identifiées notamment pour la Loi électorale, la Loi organique de la CENI, la Loi portant  identification et enrôlement des électeurs ; la Loi sur la cartographie électorale  et le Décret-Loi portant sécurisation du processus électoral", renseigne le compte rendu de la réunion tenue vendredi 22 mai 2026

À deux ans du prochain cycle électoral prévu par la Constitution en 2028, et dans un contexte marqué par la guerre d’agression rwandaise menée par la rébellion AFC/M23, avec l’occupation de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC, la question électorale ainsi que les réformes y afférentes semblent reléguées au second plan dans l’environnement sociopolitique congolais. Cette situation intervient dans un climat marqué par des appels croissants à la convocation d’un dialogue national inclusif pour la résolution de la crise sécuritaire.

À l’initiative de la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création de l’Église du Christ au Congo, une journée de réflexion a été organisée le mercredi 29 avril à Kinshasa autour des réformes électorales, en prélude au prochain cycle électoral prévu dans deux ans, soit en 2028. L’objectif poursuivi était d’offrir un cadre interactif permettant de mettre en commun les initiatives institutionnelles et citoyennes issues des recommandations formulées par la société civile après les dernières élections, en vue d’aboutir à un compromis susceptible de garantir la bonne tenue des prochains scrutins, de réduire les contestations et d’apaiser le climat politique.

À l’issue de ces échanges, plusieurs tendances se sont dégagées. Pour la société civile, il est nécessaire de convoquer les États généraux des élections avant le prochain cycle électoral. Ces assises devraient notamment permettre d’aborder la question du consensus ainsi que les réformes électorales à entreprendre.

Du côté des acteurs politiques, une autre tendance privilégie la convocation d’un dialogue national pour la résolution de la crise sécuritaire, avec parmi les points inscrits à l’ordre du jour la question des élections ainsi que les réformes électorales nécessaires pour garantir la tenue de scrutins crédibles lors du prochain cycle électoral.

Clément MUAMBA