Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et ONU Femmes ont lancé un appel en faveur d’une implication accrue des femmes à tous les niveaux du processus du deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-2) en République démocratique du Congo. Les deux agences onusiennes estiment que cette participation est essentielle pour garantir la production de données démographiques fiables, inclusives et désagrégées par sexe, nécessaires à l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données probantes.
Dans un communiqué conjoint publié ce mardi à Kinshasa, les deux institutions ont annoncé leur volonté de renforcer leur collaboration afin d’accompagner le gouvernement congolais dans la mise en œuvre du recensement. Cette coopération vise notamment à intégrer de manière systématique la dimension genre dans toutes les étapes du processus.
Selon Alain A. Akpadji, représentant de l’UNFPA en RDC, cette démarche permettra d’assurer une meilleure prise en compte de l’égalité entre les sexes dans les préparatifs et la conduite du recensement. De son côté, Valery Kabamba, représentant intérimaire d’ONU Femmes en RDC, a salué l’ouverture manifestée par l’UNFPA sur les questions liées au genre, qu’il considère comme un levier indispensable pour garantir un recensement inclusif.
Les deux agences ont identifié plusieurs axes d’intervention prioritaires. Il s’agit notamment de promouvoir un quota genre lors du recrutement des agents recenseurs, de former les enquêteurs à la neutralité de genre afin de limiter les biais de collecte, ainsi que de veiller à l’intégration adéquate des variables liées au genre dans la base de données du recensement.
L’UNFPA et ONU Femmes prévoient également de soutenir la formulation de questionnaires permettant une désagrégation systématique des données par sexe et la prise en compte de dimensions clés liées à l’égalité entre les femmes et les hommes. Les deux organisations souhaitent par ailleurs favoriser l’accès des femmes aux opportunités économiques générées par le processus du recensement et renforcer le leadership féminin à travers une collaboration étroite avec les organisations féminines impliquées dans le RGPH-2.
Le communiqué souligne aussi la nécessité d’inclure des mécanismes spécifiques d’identification des ménages dirigés par des femmes et d’intégrer une perspective genre dans les objectifs mêmes du recensement, notamment pour mieux suivre les inégalités entre les sexes dans différents secteurs.
Dans cette optique, les agences des Nations Unies recommandent l’implication des institutions spécialisées dans les questions de genre, des centres de recherche ainsi que des organisations de la société civile au sein du comité technique du recensement. Elles plaident également pour des stratégies de communication adaptées aux femmes et aux organisations féminines afin d’assurer une participation plus large au processus.
L’UNFPA et ONU Femmes entendent promouvoir la publication de résultats sous forme de profils thématiques, tels que « Femmes et hommes en chiffres » ou encore « Inégalités d’accès à l’éducation », afin de mieux éclairer les décideurs publics et les partenaires au développement.