RDC : des avancées significatives enregistrées en vue d’une possible sortie de la liste grise du GAFI

Photo d'illustration
Doudou Fwamba

L’état d’avancement du processus de sortie de la République démocratique du Congo de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) avec un accent particulier sur des progrès jugés " substantiels et accélérés " dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’actions national, a été abordé lors de la 90e réunion du Conseil des ministres tenue sous la direction du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, capitale de la RDC.

Dans sa note d’information, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a rappelé qu’à l’arrivée du gouvernement Suminwa en 2024, la RDC avait déjà réalisé 5 des 23 actions prévues dans le plan d’actions du GAFI, soit 21 % en 18 mois. De juillet 2024 à janvier 2026, 18 actions supplémentaires sur les 23 ont été réalisées en seulement 17 mois, soit 78,3 %, portant ainsi à 23 le nombre total d’actions réalisées à ce jour.

"La dixième réunion en face-à-face organisée le 27 avril 2026 à Swakopmund, en Namibie, entre notre délégation et le Groupe Conjoint Afrique du GAFI, a constitué une étape déterminante dans le processus d'évaluation finale de notre  pays. Cette récente évaluation technique indique un niveau d'exécution  particulièrement avancé des engagements pris par la RDC, avec un traitement  largement satisfaisant de la majorité des actions prescrites dans le plan d'actions du GAFI",a-t-il expliqué dans le compte rendu de la réunion. 

À en croire largentier national, ces avancées concernent notamment :
(i) le renforcement du cadre juridique et réglementaire en matière de LBC-FT ;
(ii) l'amélioration du dispositif de supervision des assujettis ;
(iii) le renforcement de la coordination nationale et des capacités opérationnelles de la 
CENAREF et des services d'enquêtes ;
(iv) l'intensification des poursuites et des mécanismes de confiscation des avoirs
criminels ; et, 
(v) le renforcement de la coopération internationale.

"Cette dynamique positive s'est notamment traduite par l'adhésion de notre pays au Groupe de lutte contre le blanchiment d'argent en Afrique Orientale et  Australe (ESAAMIG), ainsi que par son adhésion officielle prochaine au Groupe Egmont, prévue entre fin juin et début juillet 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan", a fait remarquer le Ministre des Finances Doudou Fwamba.

Par ailleurs, en perspective de la prochaine visite d’une délégation du Groupe d’action financière (GAFI) annoncée à Kinshasa, ultime étape du processus d’évaluation avant la décision formelle relative à une éventuelle sortie officielle de la République démocratique du Congo de la liste grise du GAFI, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a souligné que plusieurs mesures préparatoires apparaissent indispensables. Il s’agit notamment de l’élaboration d’un rapport exhaustif sur la mise en œuvre du plan d’actions du GAFI, lequel servira de document de référence lors de la visite sur place.

Pour le ministre des Finances de la République démocratique du Congo, ce rapport devra renseigner les mécanismes mis en place par le gouvernement afin d’assurer la continuité de la mise en œuvre des réformes sans l’appui des partenaires techniques et financiers. D’où la nécessité d’une coordination optimale de l’action gouvernementale, en commençant par la tenue, en urgence, d’une réunion interministérielle regroupant tous les secteurs concernés.

La République démocratique du Congo a été classée sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI)  regroupant les pays placés sous surveillance renforcée en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en octobre 2022. Cette décision faisait suite à une réunion en présentiel organisée en septembre de la même année avec le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC) à Livingstone, afin d’examiner les avancées du pays dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que d’évaluer l’efficacité des mesures prises depuis la mise sous observation.

Il avait notamment été relevé la persistance de lacunes stratégiques majeures dans le dispositif de la RDC en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. À cet effet, la RDC s’était engagée, à travers une feuille de route, à mettre en œuvre un ensemble d’actions entre mai 2023 et mai 2025 afin de corriger les faiblesses identifiées, notamment dans la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux, selon des échéances bien déterminées.

La présence de la RDC sur la liste grise du GAFI comporte plusieurs conséquences néfastes. Parmi celles-ci figurent notamment la réduction des investissements étrangers et de l’aide internationale, les difficultés accrues pour lever des fonds sur les marchés financiers internationaux, le ralentissement de la croissance économique et du développement du pays, ainsi qu’un accès plus restreint aux services bancaires, tant pour les particuliers que pour les entreprises.

À cela s’ajoutent la rupture des relations de correspondance bancaire  connue sous le phénomène de « derisking » pratiqué par certaines banques internationales , le blocage des transferts financiers, ainsi que l’érosion des réserves de change et les risques d’instabilité macroéconomique liés à la fuite des capitaux.

Clément MUAMBA