Mambasa : plus de 30 civils tués en mai dans une série d’attaques ADF, PROTECTION PLUS dénonce “une tragédie humaine insupportable”

Des traces de sang dans une maison attaquée par les ADF à Beni
Des traces de sang dans une maison attaquée par les ADF à Beni

L’ONG de défense des droits humains PROTECTION PLUS exprime sa profonde inquiétude face à la dégradation continue de la situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, particulièrement dans les chefferies de Walese-Karo et Babila Babombi, où les attaques attribuées aux rebelles de l’ADF (Allied Democratic Forces) se multiplient depuis le début du mois de mai.

Dans un communiqué publié ce 24 mai 2026, l’organisation affirme avoir appris avec consternation la découverte de dix-sept corps sans vie le 23 mai dans un champ situé au village Kidini, cellule Mongalyema, groupement Andifele, en chefferie des Walese-Karo.

Selon l’ONG, parmi les victimes figurent huit pygmées ainsi que le chef de cellule Kamate Ekiya Paluku. Plusieurs informations indiquent que ces personnes feraient partie des civils pris en otage lors des récentes incursions meurtrières des ADF dans les localités de Darsalam, Muchanga et Mutufei.

L’organisation déplore également la découverte et l’inhumation de quinze autres corps dans la périphérie d’Alima le vendredi 22 mai.

D’après les données recueillies par le service local de monitoring, dix corps ont été retrouvés à Kaseli, dans le champ de Monsieur Loti Sec, opérateur économique affilié à la FEC Alima, tandis que cinq autres dépouilles ont été découvertes dans le champ de Kasaï.

Ces victimes auraient été tuées lors de l’attaque sanglante perpétrée mardi dernier contre plusieurs villages de la chefferie de Babila Babombi.

Pour PROTECTION PLUS, le bilan humain reste encore provisoire, plusieurs zones demeurant inaccessibles à cause de l’insécurité persistante.

"L’ONGDH PROTECTION PLUS rappelle avec douleur que plusieurs corps continuent malheureusement à traîner dans certaines zones encore dangereuses pour la population civile"_, indique le communiqué.
L’organisation condamne avec fermeté ces massacres qu’elle qualifie de barbares et estime que la population de Mambasa vit aujourd’hui dans un climat d’abandon, entre peur permanente, déplacements forcés et deuil quotidien.

Face à cette situation, l’ONG exige notamment : "le renforcement urgent des dispositifs sécuritaires dans tout le territoire de Mambasa ; des opérations militaires efficaces contre les ADF ; des inhumations dignes et sécurisées pour les victimes ; une assistance humanitaire en faveur des déplacés ; ainsi qu’une implication accrue des autorités nationales et provinciales pour mettre fin aux violences", conclut-il.

Depuis le début du mois de mai, plusieurs attaques meurtrières attribuées aux ADF ont été signalées dans les zones de Walese-Karo et Babila Babombi, notamment à Alima, Darsalam, Muchanga, Mutufei et dans plusieurs villages environnants, aggravant davantage la crise humanitaire dans cette partie de l’Ituri.

Freddy UPAR, à Bunia