Peter Kazadi sur la C64 : « pourquoi ces opposants ne peuvent-ils pas appliquer l’article 64 à Nangaa, mais seulement à Tshisekedi ? »

Vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, Peter Kazadi Kankonde
Vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, Peter Kazadi Kankonde

Le député national Peter Kazadi Kankonde a contredit la démarche entamée par l’opposition à Kinshasa, laquelle vise à empêcher Félix Tshisekedi, en application de l’article 64 de la Constitution, de changer la constitution afin notamment de briguer un troisième mandat aux termes de son second qui expire  en 2028. 

Lors d’un Space X de Stanis Bujakera, dont il était l’invité ce dimanche 24 mai, l’ancien ministre de l’Intérieur et de la Sécurité a démontré, argument à l’appui, que l'actuel chef de l'État n’a violé ni le premier moins encore le second alinéa de l’article 64 de la Constitution que brandissent Kabund, Fayulu, Sesanga et les autres opposants. Peter Kazadi accuse, d'ailleurs, l’opposition de complicité avec la rébellion contre laquelle elle n’a pas activé l’article 64 pour prise d'armes et volonté affichée de renverser le pouvoir de Kinshasa. 

« Est-ce que Tshisekedi a pris le pouvoir par la force ? Non. Est-ce que Tshisekedi exerce le pouvoir en violation de la présente Constitution ?  Je dis non. Allons à l’alinéa deux, Nangaa et ses amis ont pris les armes sous l’instigation de Kagame. Nangaa avait promis d’être ici [ Kinshasa, Ndlr] au mois de mars. Pourquoi ces opposants-là démocratiques ne veulent pas appliquer l’article 64 contre Nangaa, mais seulement contre Tshisekedi qui est dans la légalité ? », s’interroge-t-il.

L’élu de Kinshasa a insinué en conclusion que la coalition C64 serait placée à Kinshasa dans le but de « fragiliser le système de l’intérieur,  et favoriser les forces d’occupation à Kinshasa ».

Lancée mardi 19 mai dernier, la coalition article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel se donne l'ambition de faire bloc contre le projet de changement de Constitution pour le pouvoir. Cette coalition composée des principales formations politiques est appuyée par des mouvements citoyens dont Lucha appelle à l'unité pour faire échec à l’instauration d’une nouvelle dictature et d’un pouvoir personnel et à vie en République démocratique du Congo.

Vingt-quatre heures à peine après la création par l'opposition de la coalition « Article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel » (C64), le parti présidentiel UDPS/Tshisekedi a riposté en annonçant la mise en place d'une plateforme pro-révision dénommée « Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution », C4, ouverte aux partis politiques, à la société civile, aux confessions religieuses et aux mouvements associatifs, avec pour mission principale de mener une campagne de sensibilisation en faveur d'une nouvelle constitution. Le chiffre 4 retenu pour le sigle symbolise les quatre zones linguistiques de la République démocratique du Congo, une référence à portée nationale destinée à ancrer la démarche dans une logique d'unité territoriale, explique Kabuya. 

Samyr LUKOMBO