Alors que le risque de propagation de la maladie à virus Ebola dans l'Est de la République démocratique du Congo demeure élevé et est exacerbé par l’insécurité persistante, les opérations militaires entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, les déplacements de populations ainsi que les mouvements transfrontaliers, le Groupe de contact international (GCI) pour les Grands Lacs appelle les parties au conflit à faciliter les efforts de riposte contre l’épidémie.
D’après le communiqué final rendu public à l’issue de la réunion tenue à Stockholm, en Suède, les 20 et 21 mai 2026, sur la situation dans la région des Grands Lacs, cette organisation, composée de représentants de la Belgique, du Danemark, de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Suède, de la Suisse, du Royaume-Uni et des États-Unis, déplore que cette épidémie aggrave la situation humanitaire dans une région de la RDC déjà fragile.
"La récente épidémie d'Ebola, déclarée urgence de santé publique de portée internationale par l'OMS le 17 mai et urgence de santé publique de sécurité continentale par le CDC Afrique le 18 mai, aggrave une situation humanitaire déjà fragile dans l'est de la RDC. Le GCI exhorte toutes les parties au conflit à faciliter les efforts de riposte à l'épidémie d'Ebola. Cette menace souligne l'importance de la coopération régionale pour relever les défis communs"lit-on dans le communiqué parvenu à la rédaction de ACTUALITE.CD
En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Les conflits, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental rendent difficiles le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux pays voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.
Malgré les difficultés majeures d’accès aux communautés touchées, les autorités sanitaires congolaises se montrent optimistes et affirment disposer d’une connaissance approfondie ainsi que d’une expérience avérée dans la lutte contre les épidémies d’Ebola. L’agence de santé publique de l’Union africaine, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) et l’OMS multiplient les échanges dans le cadre d’une riposte régionale coordonnée visant à briser les chaînes de transmission.
Clément MUAMBA