Le gouverneur militaire de l'Ituri, Johnny Luboya Nkashama, a dressé un tableau alarmant lors du briefing ministériel d'Africa CDC du 25 mai 2026, décrivant une province doublement assiégée : par les groupes armés d'un côté, par l'épidémie d'Ebola de l'autre.
Sur les 61 sites de déplacés que compte la province, près de 970 000 personnes vivent dans des conditions de promiscuité et de sous-alimentation qui les exposent de manière aggravée à la maladie.
Le gouverneur a identifié quatre défis majeurs : le déploiement du personnel et du matériel, freiné par la fermeture des aéroports, dont la réouverture était attendue sous peu, la sécurisation des centres de traitement après les attaques enregistrées à Mongbwalu et Rwampara, la communication avec des communautés fragiles et méfiantes, et le renforcement des capacités des équipes d'intervention.
Rappelant que l'Ituri avait déjà traversé une épidémie d'Ebola en 2019, il a insisté sur la différence de contexte : la guerre y rend aujourd'hui chaque jour perdu irréversible. Il a salué le déblocage de 20 millions de dollars par le président Tshisekedi, tout en appelant la communauté internationale à une mobilisation immédiate pour éviter ce qu'il a qualifié de catastrophe annoncée.