La rougeole refait surface dans la zone de santé rurale de Walikale, au Nord-Kivu, où une flambée des cas est observée depuis le mois de janvier 2026. Les autorités sanitaires locales tirent la sonnette d’alarme face à la propagation rapide de cette maladie hautement contagieuse, qui touche principalement les enfants âgés de 0 à 5 ans.
Selon les premières données recueillies par la supervision médicale, les aires de santé de Sacré-Cœur, 8ème CEPAC et Bilobilo figurent parmi les plus touchées. Bien que le décompte officiel des cas soit encore en cours, les structures sanitaires rapportent une augmentation progressive des admissions liées à des symptômes compatibles avec celle de la rougeole : forte fièvre, éruptions cutanées, toux, écoulement nasal et conjonctivite.
Un infirmier superviseur de la zone de santé rurale de Walikale attribue en grande partie cette flambée au non-respect du calendrier vaccinal par certains parents.
« La rougeole est une maladie évitable par la vaccination. Lorsque les enfants ne reçoivent pas leurs doses à temps, ils deviennent vulnérables. Il suffit d’un seul cas pour contaminer plusieurs autres enfants dans une communauté », explique-t-il.
Dans les quartiers et villages affectés, l’inquiétude grandit. Certaines familles affirment pourtant avoir respecté le calendrier vaccinal recommandé. Une mère rencontrée à l'hôpital Skyborne à Walikale centre témoigne :
« Mon enfant a reçu tous ses vaccins. Quand il a commencé à faire de la fièvre et que les boutons sont apparus, je ne comprenais pas. Je me suis demandé à quoi servent les vaccins si la maladie peut quand même arriver ».
Face à ces préoccupations, le personnel soignant précise que la vaccination ne garantit pas toujours une protection absolue contre l’infection, mais elle réduit considérablement la gravité de la maladie et les risques de complications, telles que la pneumonie, la diarrhée sévère, la malnutrition ou encore les atteintes neurologiques.
Un infirmier souligne : « il est possible qu’un enfant complètement vacciné contracte la rougeole, mais les symptômes seront généralement moins graves que chez un enfant non vacciné. La vaccination complète reste la seule voie efficace pour renforcer l’immunité collective ».
Plusieurs éléments contribuent à la propagation actuelle de la maladie dans cette partie du territoire de Walikale selon les autorités sanitaires. Il s'agit notamment de la faible couverture vaccinale dans certaines aires de santé, les déplacements de populations liés à l’insécurité persistante dans plusieurs zones du Nord-Kivu, les difficultés d’accès aux structures sanitaires dans les zones rurales enclavées et la promiscuité dans certains ménages accueillant des familles déplacées.
La rougeole se transmet par voie aérienne, notamment à travers les gouttelettes respiratoires. Une personne infectée peut contaminer plusieurs autres, avant même l’apparition des éruptions cutanées.
La supervision médicale de la zone de santé de Walikale appelle les parents à respecter scrupuleusement le calendrier de vaccination de routine et à consulter immédiatement un centre de santé dès l’apparition des premiers symptômes.
Les autorités sanitaires rappellent que la vaccination protège non seulement contre la rougeole, mais également contre d’autres maladies évitables de l’enfance.
En attendant la consolidation des données épidémiologiques pour établir le nombre exact de cas enregistrés depuis le début de l’année 2026, les équipes médicales intensifient la sensibilisation communautaire et la surveillance dans les aires de santé les plus touchées afin de limiter la propagation de l’épidémie.