Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), principale composante du Front Commun pour le Congo (FCC), a exprimé sa profonde indignation et condamné avec fermeté la répression ayant visé les participants au sit-in organisé vendredi 12 juin à Kinshasa par la Coalition 64. Cette plateforme de l'opposition se présente comme une structure engagée dans la défense de la Constitution de 2006.
Dans un communiqué, le PPRD rappelle que cette mobilisation citoyenne avait été annoncée publiquement plusieurs jours à l'avance et avait fait l'objet d'échanges préparatoires avec les organisateurs. Selon ce parti, la manifestation avait pour unique objectif "l'expression pacifique d'une position politique et citoyenne sur la défense de la Constitution, de la démocratie et de l'alternance au sommet de l'État".
"Le PPRD dénonce l'usage disproportionné de la force publique ainsi que les violences enregistrées lors de cette manifestation. Des tirs à balles réelles auraient été utilisés contre des manifestants et plusieurs acteurs politiques auraient été touchés, notamment les sieurs Martin FAYULU, Président de l'ECIDE, Jean-Marc KABUND-A-KABUND, Delly SESANGA, Ados NDOMBASI, Marley VUVU ainsi que plusieurs autres participants. Le Parti déplore également les incidents graves survenus au siège de L'ECIDE, où des pertes en vies humaines parmi les militants ainsi que plusieurs blessés ont été signalés", fustige le PPRD dans le communiqué cosigné par Lucain Kasongo et Ferdinand Kambere respectivement Secrétaires permanents adjoints.
Dans le même registre, le PPRD condamne ce qu'il qualifie d'implication présumée de groupes non habilités dans les violences survenues en marge de cette mobilisation, notamment des personnes se réclamant des "Forces du progrès". Selon le parti de l'ancien président Joseph Kabila, de tels agissements, s'ils venaient à être établis, constitueraient "une grave atteinte aux libertés publiques garanties par la Constitution de la République démocratique du Congo".
Face à cette situation, la formation politique estime que " la répression d'une mobilisation pacifique constitue une atteinte grave à l'exercice des droits démocratiques des citoyens " et souligne la nécessité de préserver les acquis de l'État de droit. Le PPRD rappelle par ailleurs que " la Constitution n'est pas la propriété d'un individu ou d'un groupe politique, mais l'expression de la volonté souveraine du peuple congolais ", ajoutant que sa défense relève d'une responsabilité collective de l'ensemble des citoyens attachés à la démocratie et à la stabilité institutionnelle.
Dans son communiqué, le parti exige l'ouverture d'une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur les violences enregistrées et d'en établir les responsabilités. Il condamne également tout recours abusif à la force contre des citoyens exerçant pacifiquement leurs droits constitutionnels. Le PPRD salue en outre " la détermination et la maturité du peuple congolais dans la défense des valeurs démocratiques " et appelle les Congolaises et les Congolais à demeurer " vigilants, unis et mobilisés dans le strict respect des principes républicains".
"Le PPRD réaffirme son engagement en faveur de la paix, de la démocratie, du respect de la Constitution et de l'alternance politique, qu'il considère comme les principales garanties d'un avenir stable et prospère pour la République démocratique du Congo", rassure le communiqué du PPRD.
L'opposition politique réunie au sein de la Coalition 64 (C64) avait annoncé un sit-in devant le Palais du Peuple, siège du Parlement congolais, afin de protester contre la proposition de loi relative au référendum. Cette plateforme estime que cette initiative ouvrirait la voie à un changement de la Constitution et constituerait une manœuvre du pouvoir visant à permettre au président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà des limites prévues par la Constitution.
Pour les leaders de la coalition, cette démarche s'apparente à un "coup d'État constitutionnel" de la part d'un dirigeant qui avait prêté serment de défendre la Constitution. Ils soutiennent que cette initiative intervient alors qu'il reste environ deux ans avant la fin du second et dernier mandat constitutionnel du chef de l'État, dont l'échéance est prévue en 2028, avec une passation de pouvoir attendue en janvier 2029.
Toutefois, le choix du Palais du Peuple comme lieu de rassemblement a été rejeté par les autorités provinciales. Le gouverneur de Kinshasa a proposé aux organisateurs de tenir leur manifestation au terrain Assossa. Une option refusée par la Coalition 64, qui considère le Palais du Peuple comme un lieu hautement symbolique au regard de l'objet de sa revendication, à savoir le retrait de la proposition de loi sur le référendum.
Cette divergence sur le lieu de la manifestation a contribué à tendre davantage le climat. Des altercations ont ensuite éclaté entre des manifestants et les forces de l'ordre. Les incidents ont fait plusieurs blessés. Les responsables de l'opposition affirment également que des pertes en vies humaines ont été enregistrées, un bilan qui est rejeté par les dirigeants de la ville de Kinshasa.
Clément MUAMBA