Intervenant vendredi soir lors du Space live organisé sur X par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, au lendemain de la répression du sit-in du C64 à Kinshasa, Jean-Marc Kabund a Kabund a lancé un appel solennel à la mobilisation citoyenne, portant ses accusations les plus graves à ce jour contre le chef de l'État.
« Nous avons devant nous un choix à faire. Soit celui de sauver notre pays, soit de le laisser couler, parce que Félix Tshisekedi et ses amis sont déterminés à balkaniser ce pays. Sont déterminés à détruire tout ce que nous avons en commun. Ce qui nous reste après tout ce qu'ils nous ont fait subir : la misère, la souffrance, tout ce que nous vivons aujourd'hui au Congo. Et voilà, ils se sont décidés de détruire notre avenir. »
Répondant aux critiques récurrentes selon lesquelles les leaders de l'opposition n'agiraient que pour leurs propres intérêts, Kabund a balayé l'argument en invoquant les figures tutélaires du nationalisme congolais.
« Levons-nous. Ils vous disent : non, les politiciens le font pour leurs intérêts. Mais que cela va-t-il arranger si aujourd'hui nous nous taisons ? Nous ne faisons rien pour ce pays, nous ne nous battons pas parce qu'on nous accuse de nous battre pour nos propres intérêts. Sinon Lumumba aurait aussi travaillé pour lui-même. Sinon tous les combats de Tshisekedi seraient pour lui-même. »
S'adressant directement à la jeunesse congolaise, il a plaidé pour une société plus juste comme seul horizon crédible.
« Au peuple congolais, à ces jeunes étudiants qui aujourd'hui sont dans des universités et demain seront des chômeurs : quelle est la probabilité pour qu'un étudiant devienne comme Martin Fayulu, pour qu'un étudiant devienne comme Jean-Marc Kabund ? La probabilité est très minime. Mais nous avons quelque chose dont la probabilité peut être à cent pour cent : c'est celui de construire une société juste, une société où le partage et la solidarité sont érigés en mode de gouvernance. Nous devons construire une société où tout le monde a les mêmes chances. Les enfants des riches, des pauvres, les enfants des politiciens et de ceux qui ne font pas la politique ont les mêmes chances parce qu'ils fréquentent les mêmes écoles, les mêmes universités. »
Concluant sur une note d'avertissement, l'opposant a lancé un dernier appel à la conscience collective.
« Il est clair aujourd'hui que notre pays est en danger et que chacun doit prendre conscience de l'avenir de ce pays, l'avenir de ses propres enfants. Ceux qui n'ont pas encore d'enfants doivent comprendre qu'ils en auront demain. Mais si ce pays continue comme ça, leur avenir, l'avenir de leurs enfants, est totalement compromis. »