Ebola en RDC: MSF mobilise les médias pour renforcer la lutte contre l'épidémie et se dit prête à intensifier son appui à la riposte

Dr Jean Gilbert Ndong
Dr Jean Gilbert Ndong, Responsable médical de MSF en RDC, répondant aux questions de la presse à Kinshasa

Médecins Sans Frontières (MSF) a dressé le bilan de ses activités en soutien à la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Au cours d’un café de presse organisé ce jeudi 11 juin 2026 dans ses installations à Kinshasa, le Dr Jean Gilbert Ndong, responsable médical de MSF en RDC, a décrit une situation " assez préoccupante ", tout en réaffirmant l’engagement de l’organisation aux côtés des autorités sanitaires congolaises.

Selon lui, MSF intervient actuellement dans plusieurs centres de traitement Ebola à travers les provinces touchées. L’organisation travaille en étroite collaboration avec le ministère de la Santé ainsi qu’avec plusieurs partenaires humanitaires et sanitaires afin de contenir et de maîtriser cette épidémie

"Ce qu’il faut retenir aujourd’hui, c’est que la situation sur le terrain reste assez préoccupante et que Médecins Sans Frontières, sous le leadership du ministère de la Santé à travers l’INSP, contribue activement à la prise en charge des cas. Et ce, dans les trois provinces actuellement touchées, avec des centres de traitement Ebola à Mongbwalu, à Beni, à Goma, mais également à Bukavu et à Lwiro, nous avons aujourd’hui moins d’une dizaine de centres de traitement Ebola gérés par Médecins Sans Frontières, dans lesquels nous travaillons avec les partenaires du ministère de la Santé, mais aussi d’autres partenaires tels que l’OMS, ALIMA, etc"a expliqué devant la presse Dr Jean Gilbert Ndong, Responsable médical de MSF en RDC.

Pour le Dr Jean Gilbert Ndong, la rencontre avec les journalistes avait pour principal objectif de renforcer la sensibilisation des communautés. Il a souligné que la maîtrise de l'épidémie repose aujourd'hui sur le strict respect des mesures de prévention, alors qu'aucun vaccin ni traitement n'est actuellement disponible contre la souche d'Ebola en circulation.

Cette démarche vise notamment à encourager la population à adopter les mesures sanitaires recommandées afin de freiner la transmission du virus.

"L’objectif est clair, aujourd’hui, comme vous le savez, il n’y a pas de traitement, il n’y a pas de vaccin. Et nous avons besoin de pouvoir transmettre la bonne information à la communauté pour mieux contrôler l’épidémie. Quand je parle d’information à la communauté, cela signifie que les mesures que nous appelons les mesures de contrôle de l’infection aujourd’hui sont des mesures simples : éviter les contacts avec les liquides biologiques du patient, se laver les mains correctement, éviter de manipuler les corps et se rendre dans les structures de soins lorsqu’on présente des signes de maladie afin d’être pris en charge", a fait savoir Dr Jean Gilbert Ndong, Responsable médical de MSF en RDC

Et de poursuivre :

"Toutes ces mesures prises ensemble vont permettre de vaincre l’épidémie. La République Démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie. Parmi ces 17 épidémies, il y en a eu trois liées au virus Bundibugyo, dont celle-ci. Deux épidémies liées au virus Bundibugyo ont déjà pu être vaincues sans vaccin et sans traitement. Donc c’est possible mais aujourd’hui, compte tenu de l’ampleur de l’épidémie, nous avons besoin d’une implication accrue de toutes les parties prenantes, notamment des journalistes, pour relayer la bonne information"

Concernant les moyens déployés sur le terrain, le responsable médical de MSF s’est voulu rassurant. Selon lui, l’organisation dispose actuellement des ressources nécessaires pour poursuivre ses activités. Malgré certaines difficultés rencontrées à la suite de la fermeture des frontières, MSF indique que ces contraintes ont été surmontées.

"Nous avons déjà pu acheminer plus de 10 tonnes d’intrants, notamment des médicaments et du matériel de protection, dans le pays, nous n’avons pas de problème d’intrants. Il y a eu quelques difficultés liées à la fermeture des frontières, mais celles-ci sont aujourd’hui résolues, nous pouvons faire entrer les intrants et nous disposons de suffisamment de ressources pour faire face à l’épidémie. Nous sommes également prêts à augmenter notre soutien si le besoin s’en faisait ressentir", a-t-il rassuré devant la presse

En date du 17 mai, soit deux jours après la déclaration officielle de l'épidémie en RDC, l'OMS avait décidé de déclarer l'épidémie d'Ebola, causée par le virus Bundibugyo en RDC et s'étant propagée en Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC). L'épidémie s'est propagée géographiquement et son ampleur est jugée sous-estimée par l'OMS. La situation est aggravée par une forte mobilité de la population, la faiblesse des systèmes de santé, le manque d'infrastructures, les difficultés d'accès aux zones de conflit, ainsi que l'absence de vaccin et de traitement spécifique. 

Clément MUAMBA