Espace Kasaï : conflit foncier sur les limites, trois enlèvements signalés à Mutubu

ACTUALITE.CD

Une nouvelle flambée de tensions a été enregistrée dans la nuit de mardi à mercredi 4 février à Mutubu, localité située au bord du lac Munkamba, à la limite entre le territoire de Kabeya Kamuanga (Kasaï Oriental) et celui de Dimbelenge (Kasaï Central). Trois personnes ont été enlevées lors d’une incursion armée, selon des sources locales.

D’après la société civile de la zone, qui s’est confiée à Actualité.cd, l’attaque a visé le côté administrativement rattaché au Kasaï Oriental, dans un secteur régulièrement en proie à des disputes foncières. 

« Il s’agit d’un conflit ancien autour des limites et du contrôle des terres près du lac. Cette fois, des hommes armés sont arrivés de nuit et ont pris des personnes en otage », a expliqué un acteur de la société civile locale, joint au téléphone par Actualité.cd.

Les personnes enlevées sont deux sentinelles affectées à la surveillance des concessions de Denis Kadima et de Mbelu Biosha, ainsi qu’un élément des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), ont précisé les mêmes sources.

La région de Mutubu, à cheval entre deux provinces, est régulièrement citée parmi les zones sensibles en raison de différends persistants liés aux limites administratives et à l’accès aux terres. La pression sur les ressources, notamment agricoles et halieutiques autour du lac Munkamba, alimente des rivalités entre communautés relevant pourtant d’entités administratives distinctes: 

« Le problème de fond reste la question des limites. Tant qu’elle ne sera pas clairement réglée et acceptée par tous, ces incidents risquent de se répéter », estime un autre notable de la région, également joint par Actualité.cd.

À ce stade, aucune communication officielle n’a été rendue publique ni par les autorités territoriales de Kabeya Kamuanga et de Dimbelenge, ni par les gouvernements provinciaux du Kasaï Oriental et du Kasaï Central.

Sur place, la situation reste décrite comme tendue. Les familles des personnes enlevées attendent des démarches en vue de leur libération, tandis que plusieurs voix locales appellent à une médiation urgente et à un dialogue durable sur la question des limites afin d’éviter une nouvelle escalade.

Michel Cyala