La Cour constitutionnelle a réhabilité, ce jeudi 28 août 2025, Jean-Paul Mbebwa Kapo dans ses fonctions de gouverneur du Kasaï-Oriental. Saisie après sa destitution par l’Assemblée provinciale, la haute juridiction a jugé la décision des élus « contraire à la Constitution ».
Dans son arrêt, la Cour a déclaré recevable et fondée la requête introduite par le gouverneur déchu. Elle a estimé que la procédure ayant conduit à sa mise en accusation violait le droit de la défense.
« La décision de l’Assemblée provinciale du Kasaï-Oriental est déclarée contraire à la Constitution », a tranché la Cour, précisant que son arrêt sera notifié au requérant, mais aussi à l’Assemblée provinciale, au Président de la République, au Parlement et à la Première ministre.
Conformément à cette décision, Jean-Paul Mbebwa Kapo devra reprendre ses fonctions de gouverneur dans un délai de dix jours.
Trois millions de dollars au cœur des débats
À l’origine de sa destitution, l’Assemblée provinciale reprochait au gouverneur la gestion d’une subvention de trois millions de dollars envoyée par le gouvernement central.
Selon plusieurs sources, une partie de ces fonds aurait déjà servi à l’achat de véhicules pour les membres du gouvernement provincial, dont l’un serait en cours de réception au Katanga par le ministre de l’Intérieur et sécurité. D’autres rubriques, notamment le fonctionnement, auraient également été couvertes par cette enveloppe.
Toutefois, la Cour constitutionnelle n’a pas statué sur le fond de ces accusations. Sa décision s’est limitée au constat du non-respect de la procédure de mise en accusation, ce qui a permis la réhabilitation du gouverneur.
Des scènes de liesse à Mbuji-Mayi
À Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province, les partisans du gouverneur réhabilité ont immédiatement manifesté leur joie. Arborant les drapeaux de l’UDPS, ils ont sillonné les artères de la ville à moto, entonnant des chants à la gloire de Jean-Paul Mbebwa Kapo.
Cette décision de la Cour constitutionnelle marque un tournant dans la crise institutionnelle qui opposait l’exécutif provincial à l’Assemblée. Elle ouvre la voie à une reprise de fonctions du gouverneur, mais laisse en suspens les débats sur la gestion des finances publiques et sur les relations tendues entre institutions provinciales.
Michel Cyala