M23 à Goma : l'hôpital Charité maternelle offre des soins gratuits pour les blessés de guerre

Photo Actualite.cd
La ville de Goma

Pendant un mois, soit du 1er avril au 1er mai, l'Hôpital Général de Référence Charité Maternelle de Goma a lancé une campagne de soins gratuits destinée aux personnes blessées par arme blanche ou arme à feu. Cette initiative vise à venir en aide aux nombreuses victimes de la guerre qui ont été gravement blessées, mais qui, faute de moyens financiers, ne peuvent pas accéder aux soins nécessaires.

Selon le médecin directeur de l'hôpital, Dr Jules Kafitiye, cette campagne a été mise en place après avoir constaté une augmentation des blessés de guerre à Goma, exacerbée par les tensions et les difficultés liées à la guerre qui a éclaté fin janvier entre les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23. Cette guerre a causé plus de 4 000 morts, selon les bilans officiels.

« Cette campagne a été motivée par le constat que de nombreuses personnes ont été blessées en raison du conflit. Ce sont des victimes qui ont été surprises par la guerre, et à cause des conséquences de celle-ci, elles n’ont plus les moyens d’accéder aux soins. C’est ainsi que nous avons mené un plaidoyer auprès de nos partenaires pour qu'ils puissent aider ces personnes blessées et démunies. C'est dans ce cadre que nous avons trouvé un soutien de l'organisation Uk Aid Made, qui a accepté de subventionner les soins pour ces blessés de guerre pendant un mois », a expliqué le Dr Jules Kafitiye à ACTUALITÉ.CD.

Et de poursuivre : 

« Nous venons répondre à une crise aiguë, en espérant qu’après avril, la situation sécuritaire sera mieux maîtrisée. Aujourd'hui, il est difficile de savoir combien de blessés nous recevrons, car il s’agit de cas imprévus, notamment des attaques à domicile. Les personnes blessées par arme à feu ou par arme blanche se présentent à nos installations, et nous les prenons en charge gratuitement ».

Le docteur Jules Kafitiye ajoute que, depuis le début de la campagne, au moins dix personnes ont déjà été traitées pour des blessures par balle, et l’hôpital continue de recevoir de nouveaux cas en augmentation. Les habitants de Goma sont invités à se rendre à l’hôpital pour bénéficier de ces soins gratuits.

« Pour le moment, nous n’avons aucune difficulté à les accueillir, car nous sommes prêts à recevoir des patients dès ce mois d'avril. Actuellement, nous avons déjà pris en charge une dizaine de cas. Cette campagne constitue un soulagement pour ceux qui n'ont pas les moyens de se faire soigner. Nous ne voulons pas qu'une personne blessée, qu'elle soit touchée par balle ou par arme blanche, meurt chez elle faute de soins. Grâce à ce soutien, nous appelons toutes les victimes de cette barbarie à venir se faire soigner dans notre hôpital pendant la durée de cette campagne, couverte par la subvention que nous recevons. C'est une chance, mais après avril, si nous n'avons pas un autre partenaire pour continuer, la situation pourrait devenir plus difficile », a-t-il indiqué.

Cette campagne intervient une semaine après le lancement par le centre neuropsychiatrique de Goma d'une initiative similaire, offrant des consultations gratuites pour les personnes souffrant de troubles psychologiques exacerbés par la guerre et ses conséquences.

L'Hôpital Général de Référence Charité Maternelle est situé dans le quartier de Mapendo, en face de la mairie de Goma, sur l’avenue Mwangaza du boulevard Karisimbi, menant de la poste à l’aéroport international de Goma. L'hôpital dessert une population de 167 004 habitants dans la zone de santé de Goma.

Avec une capacité de 120 lits, dont 30 sont dédiés à la gynéco-obstétrique, l'Hôpital Charité Maternelle est un acteur clé de la santé publique de la région. Depuis sa réhabilitation en 2007, et avec l’arrivée du gynécologue, la salle d’accouchement a été améliorée, permettant à l’hôpital de mieux répondre aux besoins des patientes. L’hôpital continue de jouer un rôle central en offrant des soins à ceux qui en ont le plus besoin, en particulier en période de crise.

Josué Mutanava, Goma