Est de la RDC: l'équipe internationale d'experts sur la RDC dit non à l'exécution du plan de désengagement de la Monusco et soutient son redéploiement au Sud-Kivu

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La détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans l'Est de la République Démocratique du Congo n'a pas permis l'exécution correcte du plan de désengagement progressif et ordonné signé entre la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation au Congo (Monusco) et le gouvernement de la RDC. Si la mission avait déjà entamé son départ de la province du Sud-Kivu, les membres de l'équipe internationale d'experts sur la RDC reviennent sur le risque du vide sécuritaire laissé par la Monusco. Pour Bessole René Bagoro, le départ de la Monusco doit se faire concomitamment avec le renforcement de la capacité de l’Etat à protéger les populations civiles.

"Il faut non seulement que l'État congolais puisse restaurer son autorité, donc il faut remplacer le vide que ça va créer en terme de sécurité, mais nous avons également noté le fait qu'il était nécessaire d'appuyer le Bureau conjoint de l'ONU aux droits de l'homme qui a des représentants sur le terrain et qui fait un travail énorme et nous continuons de réitérer cet appel qui est important pour nous", a déclaré Bessolé René Bagoro, l'un des membres de l'Équipe internationale d'experts sur la République démocratique du Congo, mardi 1er avril au conseil des droits de l'homme des Nations-Unies à Genève.

Cet expert indique que la situation sécuritaire et humanitaire actuelle dans l'Est de la RDC doit pousser à des réflexions urgentes. Ainsi, souligne-t-il, la Monusco a encore un rôle à jouer dans la crise sécuritaire en cours.

"La situation à l'est aujourd'hui nous amène à dire qu'il faut même reconsidérer cette vision, nous demandons et nous insistons sur la nécessité du non désengagement de la Monusco là où elle ne l'a pas encore fait et la possibilité de réoccuper le terrain là où elle s'est déjà désengagée, le Sud-Kivu est l'exemple. L'année passée, nous avons fait l'atelier d'évaluation de la résolution à Bukavu c'était justement prenant en compte le départ de la Monusco et je pense que nous continuons de réitérer notre appel qu'il faut réfléchir pour le retour éventuel de la Monusco", a-t-il plaidé.

La détérioration dramatique de la situation sécuritaire dans l’Est du pays a eu un impact majeur sur les discussions entre la MONUSCO et les autorités congolaises concernant le désengagement progressif et responsable de la Mission et la transition au Sud-Kivu. C'est ce qu'avait révélé Bintou Keita, cheffe de la MONUSCO devant le conseil de sécurité de l'ONU à New-York aux États-Unis d'Amérique.

Selon Bintou Keita, les efforts du Groupe de travail conjoint – composé du Gouvernement, de la MONUSCO et de l'équipe de pays des Nations Unies  pour définir les modalités de planification du désengagement de la Mission des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ont également été compromis, car plusieurs hypothèses de planification sont désormais caduques. Cependant, la mission réaffirme sa détermination de poursuivre les discussions de désengagement et de transition avec le Gouvernement".

Christophe Lutundula alors VPM, ministre des Affaires Étrangères et Bintou Keita Cheffe de la Monusco avaient signé en novembre 2023 à Kinshasa une note sur le retrait accéléré, progressif, ordonné et responsable de la MONUSCO de la RDC contenant un plan et un chronogramme de désengagement complet de la MONUSCO.

Au mois de décembre de la même année, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de proroger, pour un an, jusqu’au 20 décembre 2024, le mandat de la MONUSCO, tout en décidant d’initier son « retrait progressif, responsable et durable » du pays. Le Conseil a décidé notamment que la MONUSCO retirera sa force de la province du Sud-Kivu d’ici à la fin avril 2024 et limitera son mandat aux provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri de mai 2024 jusqu’à la fin de la période couverte par le mandat actuel. C'est dans ce cadre que la Monusco a cédé à la Police nationale sa base de Kamanyola et d'autres dans la province du Sud-Kivu.

Clément MUAMBA