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Avortement à risque. Droits tiers

Hémorragies, infections et perforations de l’utérus, les avortements non sécurisés troublent pertinemment le bien-être des femmes. Il existe cependant des centres de santé à Kinshasa  qui facilitent les avortements pour tout type de budget.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les avortements pratiqués dans de mauvaises conditions peuvent entraîner des complications telles qu’un avortement incomplet (les tissus et produits de la grossesse n’ont pas été complètement retirés ou expulsés de l’utérus), des infections, des hémorragies (saignements abondants), une perforation de l’utérus (lorsque l’utérus a été perforé par un objet pointu ou tranchant) ainsi que des lésions de l’appareil génital par insertion d’objets tranchants tels que  des baguettes, des aiguilles à tricoter ou du verre pilé, dans le vagin ou l’anus.

S’agissant des avortements incomplets accompagné d’infections, Chantal Kabanga, infirmière au centre de santé Plamedi (Makala) évoque la fragilité de l’utérus. “Un avortement non sécurisé fragilise la matrice d’une femme. Ses hormones sexuelles féminines(oestrogènes et progestérones sécrétées par les ovaires selon un cycle menstruel, responsables du développement de l’utérus, seins et épaississement de la paroi du vagin au cours de la puberté) ne pourront plus fonctionner normalement. Avec le temps, cette femme ne sera plus capable de porter une grossesse. Dans plusieurs centres de santé, on utilise souvent des matériels qui ne sont pas stérilisés. Ces infections, combinées aux restes des tissus augmentent la fragilité de la matrice(Utérus). ” 

Réduction des possibilités de procréation

En ce qui concerne les hémorragies, Christophe Kabamba, infirmier traitant au centre  de santé Kinzuzi (Kalamu) explique la réduction des chances de procréation. “En dehors des hémorragies, une femme qui se livre aux IVG répétées  peut réduire ou épuiser sa capacité naturelle de fécondation. Plusieurs femmes ignorent cette conséquence mais, il peut se faire qu’une femme ait seulement trois occasions naturelles de concevoir et garder une grossesse. Si cette femme se fait avorter deux fois, plus tard elle ne pourra tomber enceinte qu’une seule fois. Elle devient automatiquement stérile au moment des prochains essais” explique l’infirmier en poursuivant “par ailleurs, une femme doit bénéficier des soins de santé appropriés à la suite d’un avortement provoqué même s’il n’y a pas encore des conséquences visibles.”   

Avortement à frais réduits

Dans un autre centre de santé à Makala, une  infirmière accepte de parler des différents tarifs exigés pour faire avorter une femme.  “Une jeune femme peut se retrouver dans une situation(sociale) très difficile qui ne lui permet pas de garder sa grossesse. Dans ce cas, le médecin(la seule personne habilité selon le centre), va lui taxer un prix en fonction du nombre des jours de sa grossesse. A partir de trois semaines à deux mois, il peut fixer le montant à 40 dollars discutables. Pour une IVG de 7 ou 8 mois, les risques de décès maternel sont très élevés. Dans ce cas, le centre peut exiger plus ou moins 150 dollars avant de provoquer l’avortement.” affirme l’infirmière tout en ajoutant que “pour une femme qui souhaite uniquement utiliser des produits pharmaceutiques, elle peut négocier avec le médecin pour obtenir une ordonnance médicale moyennant 25 dollars de pourboire” confie l’infirmière qui prévient qu’ au cas où l’avortement cause préjudice à la cliente, le docteur sera le seul responsable. Soit il propose des soins de santé appropriés soit il répond devant la justice.”

L’OMS renseigne qu’environ 7 millions de femmes sont hospitalisées chaque année à la suite d’avortements à risque dans les pays en développement. Tandis que plus de 3 millions de femmes souffrant de complications après un avortement à risque ne sont pas soignées. Le coût annuel de traitement des principales complications dues aux avortements pratiqués dans des conditions dangereuses est estimé à 553 millions de dollars (US $) par an.

Prisca Lokale