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Ph. ACTAULITE.CD

Le Président de la République Félix Tshisekedi  promet de suivre de près le dossier lié à la fermeture de la RTVS1, radio et télévision de l’opposant Adolphe Muzito. 

En conférence de presse tenue ce mardi 2 juillet 2019 à Bunia, Félix Tshisekedi affirme que selon les informations à sa disposition, la RTVS1 se serait livrée à des appels à la haine, des informations qu’il se réserve lui-même de confirmer.

« Je n’ai pas pris cette décision. Lorsqu’on m’a informé de RTVS1, on m’a dit que cette chaîne s’est illustrée dans les appels à la haine. Je ne peux pas confirmer. Lorsque je serai à Kinshasa je vais suivre. On m’a dit que la justice sera saisie. A mon avis, c’est l’Etat qui fonctionne », a-t-il expliqué.

Les organisations de défense de Droits de l’Homme comme la Voix de Sans Voix ont recommandé au chef de l’Etat de s’impliquer afin que le signal de la chaîne de Adolphe Muzito soit rétabli « dans un bref délai et sans conditions ».

Contexte

Cette rencontre avec la presse nationale et internationale intervient trois jours après l'arrivée de Félix Tshisekedi dans l’Ituri. Pendant son séjour, il a rencontré les responsables provinciaux et locaux. Il a tenu une réunion du comité provincial de sécurité en présence notamment des commandements des Forces armées de la RDC (FARDC), de la Police Nationale Congolaise (PNC) et de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR). Il s’est également adressé à la population de Bunia à travers un meeting. Il a prêché l’amour entre ituriens et annoncé son implication pour le retour de la paix. Félix Tshisekedi s’est également rendu la veille à Djugu où il a promis également que l’armée restera dans cette zone jusqu’au rétablissement total de la paix.

Les violences armées ont resurgi en avril dernier dans le territoire de Djugu. L’armée a identifié un certain « Ngudjolo » comme le chef de la milice dont les hommes opèrent dans plusieurs localités et dans la chefferie de Mokambo en territoire de Mahagi. 

Mgr Dieudonné Uringi, évêque du diocèse de Bunia, a dénoncé pour sa part, l’existence d’un secte mystico-religieux dénommée CODECO  encourageant les violences qui ont déjà fait plus d’une centaine de morts dans le territoire de Djugu. L’armée a annoncé dimanche avoir démantelé ce groupe armé après les offensives menées depuis le 27 juin pour la conquête du bastion des miliciens situé dans la forêt Wago dans le cadre de l’opération « Zaruba ya Ituri (Ndlr : la tempête de l’Ituri) ». 

Le territoire de Djugu avait déjà été secoué par des violences meurtrières en 2017 et 2018. Plus de 200 civils étaient tués, des villages entiers incendiés et plus de 2000 personnes avaient traversé le lac Albert pour vivre en Ouganda. Des centaines de déplacés internes arrivés à Bunia étaient installés autour de l’hôpital général. Cette année, le HCR a dénombré plus de 300 000 personnes qui ont fui les violences depuis début juin dans les territoires de Djugu et Mahagi.

Auguy Mudiayi