L’humanité se retrouve confrontée à un nouveau choc. La guerre au Moyen-Orient bouleverse les existences et les moyens de subsistance dans la région et au-delà. Selon le Fonds monétaire international (FMI), elle assombrit également les perspectives de nombreux pays dont l’économie commençait à peine à montrer des signes de redressement durable après les crises passées.
Ce choc est mondial, mais asymétrique. Pour cette institution financière internationale, les pays importateurs d’énergie sont plus exposés que les exportateurs, les pays pauvres le sont plus que les riches, et ceux dont les marges de manœuvre sont limitées le sont davantage que ceux disposant d’abondantes réserves.
En République démocratique du Congo, les autorités restent en alerte. Intervenant en tant qu’invité lors de la 85e réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 3 avril 2026, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a présenté la situation de l’évolution récente sur le marché de change ainsi que celle des biens et services, qui demeure globalement stable, soutenue, selon lui, par une inflation maîtrisée.
S’agissant des cours mondiaux des principaux produits de base intéressant l’économie congolaise, ils ont globalement bien évolué et se sont montrés résilients. Toutefois, il a précisé que des facteurs de risque subsistent, notamment sur le plan externe, liés à la contraction de la production pétrolière dans les pays du Golfe, entraînant une hausse des prix au-delà de 100 dollars le baril, à l’augmentation des coûts du transport maritime, ainsi qu’aux risques d’attaques contre des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient.
"Face à ces risques, le gouverneur de la Banque centrale du Congo a formulé plusieurs recommandations, notamment la poursuite des efforts de stabilité monétaire, la perception des impôts, taxes et redevances en monnaie nationale afin de soutenir la demande en franc congolais, le renforcement du suivi des prix des produits pétroliers et des coûts logistiques, ainsi que la diversification des sources d’approvisionnement énergétique", rapporte le compte rendu de la réunion.
Dans un autre registre, André Wameso a indiqué que la conjoncture économique demeure globalement stable, soutenue par une inflation maîtrisée et une dépréciation modérée de la monnaie nationale. Au cours de la quatrième semaine de mars 2026, le taux d’inflation hebdomadaire s’est établi à 0,20 %, contre 0,19 % la semaine précédente.
Selon sa note d’information, reprise dans le compte rendu de la réunion, la variation mensuelle s’est établie à 0,71 % en mars, contre 0,59 % en février. Le taux de change du franc congolais s’est fixé à 2 284,36 CDF pour un dollar américain au taux indicatif et à 2 303,75 CDF sur le marché parallèle, traduisant une dépréciation hebdomadaire de 0,38 % à l’indicatif et de 0,07 % sur le marché parallèle.
Le Président Félix Tshisekedi a alerté les membres du gouvernement sur l’évolution récente de la situation géopolitique internationale, notamment les tensions au Moyen-Orient, qui commencent déjà à affecter les marchés énergétiques et financiers mondiaux. Il l’a indiqué lors de sa communication à la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 13 mars à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Selon le garant de la nation et du bon fonctionnement des institutions, ces développements pourraient avoir des répercussions indirectes sur l’économie congolaise, notamment à travers la hausse des prix de l’énergie, une inflation importée, des incertitudes sur les exportations minières, ainsi que des pressions possibles sur les finances publiques et les marchés de change.
Bien que les fondamentaux économiques du pays demeurent globalement résilients, a-t-il souligné, cette conjoncture exige vigilance, cohésion et réactivité. Le gouvernement est ainsi appelé à adopter une approche anticipative et coordonnée pour atténuer les effets de ces chocs externes, préserver la stabilité macroéconomique et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
Clément MUAMBA