Le secteur minier artisanal occupe une place essentielle dans l’économie congolaise et dans la vie de millions de familles. Pourtant, les exploitants artisanaux demeurent les grands perdants: les conditions de travail précaires, l'informalité persistante, la gouvernance insuffisante, le manque de transparence dans les chaînes d'approvisionnement, les pertes fiscales, le travail des enfants et les inégalités de genre illustrent les défis quotidiens auxquels ils sont confrontés.
À travers un café politique organisé le jeudi 2 avril 2026, au cercle Elais, à Kinshasa, la Dynamique des politologues (Dypol) de la RDC, en partenariat avec la Fondation Friedrich Eber (FES), a réuni des parties prenantes et ensemble, ils ont réfléchi à comment mettre fin à ce déséquilibre. Ils ont, par la même occasion, balisé la voie d'une gouvernance plus équitable de ce secteur.
Se confiant à la presse, au terme de cette rencontre, le coordonnateur national de la Dypol, Christian Moleka, a d'abord présenté la situation : "Il ne se passe pas un jour sans qu'on n'entende parler des éboulements et des morts, alors que, à notre point de vue, ce sont les maillons importants dans le secteur. Malheureusement, c'est un maillon qui est le plus marginalisé ou le plus précaire sur une chaîne qui produit des millions de dollars". Avant de recommander: "Et donc l'État congolais a intérêt à travailler le code minier, à définir la place de l'artisanat, mais aussi à travailler à un meilleur encadrement, à une meilleure formalisation pour que nous ayons un secteur artisanal qui soit plus transparent, et qui soit, je dirais, plus sécurisé".
Pour sa part, le représentant résident de la FES en RDC, Constantin Ground, a indiqué l'apport de la fondation qui est de contribuer à une gouvernance minière plus juste et plus inclusive dans laquelle l'exploitation minière artisanale ne sera plus un synonyme de précarité mais un facteur de développement durable. Il a invité, pour ce faire, chaque partie prenante à jouer son rôle.
De son côté, Mme Flore Kayala, journaliste spécialiste des questions minières, s'est penchée sur l'artisanat à l'entrepreneuriat, mettant un accent sur l'apport économique des femmes. Selon elle, les femmes ne sont pas visibles dans ce secteur. D'où ses recommandations :
"Il faut des politiques inclusives. Il faudrait que l'État mette en place des politiques de gouvernance qui soient inclusives: on sait reconnaître l'apport des femmes et celui des hommes aussi. À part ça, il faudrait aussi essayer d'accompagner les femmes. Les femmes n'ont pas accès au financement. Il y en a beaucoup qui sont dans les coopératives minières mais marginalisées parce que ces coopératives sont dirigées par les hommes. De leur côté, si les femmes arrivent aussi à avoir leurs propres coopératives et avoir des financements, vous verrez qu'elles vont aider les autres femmes et on verra de plus en plus des femmes dans les sites miniers".
Avec ces données récoltées au terme de ce café politique, les organisateurs envisagent d'élaborer une feuille de route et une démarche très claire vis-à-vis des parties prenantes-gouvernement-société civile- entreprises minières-artisans.
Bienvenu Ipan