La prise de la ville d'Uvira le 10 décembre 2025 par le M23 et les Forces de défense rwandaises a mis hors jeu le contingent burundais déployé aux côtés de l'armée congolaise, constituant un tournant militaire majeur dans le conflit, selon un rapport publié en avril 2026 par le Congo Research Group (CRG) et le Center on International Cooperation (CIC) de l'Université de New York.
Entre 12 000 et 15 000 soldats des Forces de défense nationale du Burundi (FDNB) étaient déployés sur le front oriental congolais contre l'alliance M23/Rwanda. La chute d'Uvira, ville frontalière avec le Burundi située au bord du lac Tanganyika, a effectivement coupé ces troupes de la ligne de front, les privant de leur point d'ancrage logistique et opérationnel.
L'engagement burundais dans ce conflit s'explique en partie par une rivalité directe avec Kigali. Le Rwanda menait un conflit par procuration à basse intensité au Sud-Kivu contre le RED-Tabara, une rébellion burundaise disposant de liens avec Kigali, ce qui avait conduit Bujumbura à s'aligner sur Kinshasa contre le M23.
La chute d'Uvira a également provoqué une fracture au sein de la coalition congolaise elle-même. Des affrontements ont éclaté entre la milice Wazalendo, mobilisée par le gouvernement congolais contre le M23, et l'armée régulière des FARDC. Les combattants Wazalendo ont accusé leurs financeurs et soutiens de fuir les lignes de front. Le 15 décembre 2025, le coordinateur de l'AFC Corneille Nangaa a annoncé un retrait unilatéral du M23 de la ville d'Uvira, présenté comme une mesure de confiance à la demande de la médiation américaine. Selon une source gouvernementale américaine citée par le rapport, aucune demande formelle de retrait n'avait été formulée. Le 18 janvier 2026, l'armée congolaise annonçait avoir repris le contrôle de la ville.