Révision de la Constitution : pour Déo Bizibu, la position affichée par Bahati Lukwebo est contraire à la vision de l’Union sacrée

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Deogracias Bizibu

Le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, s’est attiré les foudres des membres de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), après l’expression claire de sa position contraire à l’ambition de changer ou de réviser la constitution de 2006, que le président Tshisekedi nourrit depuis fin 2024.

Ce jeudi sur X, Déo Bizibu, secrétaire général adjoint de l’UDPS, parti au pouvoir, s’est attaqué au président du regroupement politique AFDC-A, présentant sa position contraire à la vision de l’union sacrée de la nation, famille politique de Félix Tshisekedi. Il estime que le professeur Modeste Bahati est sans ignorer qu’il existe des discussions sur cette question épineuse au sommet de l’Etat et au sein de l’USN dont il est membre du présidium.

« Sachant qu’avant la chute des villes de Goma, de Bukavu et d’Uvira, Félix Tshisekedi, à l’occasion de son itinérance à Kisangani, à Mbujimayi, à Kananga, à Lubumbashi … s’était prononcé en faveur de la relecture de la constitution, le sénateur Lukwebo peut-il prétendre : Ignorer l’existence des discussions sur cette question au sommet de l’Etat et au sein de l’Union Sacrée dont il est du reste membre du Présidium ? Avoir manqué l’occasion depuis plus d’une année d’aborder cette matière et de dire la vérité au chef ? Le constat ici est simple : le sénateur Bahati ne partage plus la même vision avec les sociétaires de l’Union Sacrée », écrit Déo Bizibu Balola.

Ce membre du cabinet du chef de l’Etat souligne que « ne pas faire bloc dans les rangs derrière le commandant des troupes au front contre l’agression rwandaise ne peut être profitable qu’à l’agresseur Paul KAGAME », insinuant que tous les Congolais contraints de taire leurs initiatives dans ce contexte de guerre d’agression, ajoutant que « ceux qui le doivent plus que tous, ce sont les populations du Kivu occupées et leurs leaders dont le sénateur Bahati Lukwebo fait partie ». 

Lors de sa conférence de presse mercredi 4 mars à Kinshasa, ce membre du bureau de la chambre haute du parlement a qualifié de faux débat la question de changement/révision de la constitution, que plusieurs acteurs politiques du régime souhaitent de tout leurs vœux. D’après lui, le pays n’a aucunement un problème de textes, mais plutôt de personnes censées les appliquer.

« Je pense qu’il ne faut pas être hypocrites, Quand on aime son pays, quand on aime son chef, on lui dit la vérité. Et j’ai eu à le dire à maintes reprises : le pays n’a pas un problème de texte. Le pays a un problème d’hommes qui doivent appliquer ou se conformer aux textes qui existent, Tout ce débat-là, je crois que ce sont des débats politiciens. Et il faut qu’on en parle. Parce que si les gens commencent à vouloir imposer leur vue à tout le monde, ceci peut provoquer des réactions dans le sens contraire. C’est pour cette raison que nous disons que ceux qui ont des préoccupations concernant la Constitution viennent, qu'on se mette autour d'une table et qu'on en parle », a déclaré Bahati Lukwebo. 

Il a, par ailleurs, invité ceux qui soutiennent cette idée à travailler plus pour gagner la confiance des Congolais par des résultats palpables.

Samyr LUKOMBO