L’Assemblée nationale a rejeté, ce mercredi 29 avril 2026, la motion de défiance visant le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani. Portée par le député national Laddy Yangotikala Senga, cette initiative parlementaire révèle toutefois des dynamiques internes au sein de la majorité.
Selon une analyse du Baromètre Talatala, la motion a rassemblé 52 signataires identifiés issus de 18 groupes parlementaires différents, appartenant pour la plupart à l’Union sacrée de la Nation (USN). Parmi ces groupes, l'AFDC-A de Bahati Lukwebo est à la tête avec 10 signatures suivie de Dynamique Agissons de Sama Lukonde, président du Sénat, qui compte 6 signataires. On y trouve également l'UDPS/Tshisekedi et l'UNC de Vital Kamerhe.
« Le groupe AFDC-A de Modeste Bahati, fraîchement démissionnaire de son poste de deuxième vice-président du Sénat, est le plus représenté, avec 10 signataires, soit près d’un cinquième des députés identifiés. Il est suivi par Dynamique Agissons de Sama Lukonde, président du Sénat, qui compte six signataires», souligne l’analyse.

"Derrière ces deux groupes, plusieurs formations apparaissent avec des effectifs plus réduits : AA-UNC de Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale, Ensemble de l’opposant Moïse Katumbi et Trois Alliances de Fifi Masuka, gouverneure de la province de Lualaba, comptent chacun quatre signataires. Les groupes AACRD-Palu, Alternance Divine, Bâtissons le Congo et Congo Uni en comptent chacun trois", poursuit le Baromètre.
Une contestation marquée dans les zones en proie à l’insécurité
Au-delà des équilibres politiques, l’analyse met en lumière une forte concentration géographique des soutiens à la motion. Plus de la moitié des signataires proviennent en effet de provinces confrontées à une insécurité persistante.
« Sur le plan géographique, 61,5 % des signataires identifiés proviennent d'un couloir allant du Nord-Est au Sud-Est du pays, avec l'Ituri et la Tshopo en tête », indique Talatala, suggérant que cette fronde parlementaire trouve un écho particulier dans les zones les plus affectées par les violences.
Si la motion n’a pas abouti, elle met néanmoins en évidence des préoccupations sécuritaires persistantes et des tensions latentes au sein de la majorité parlementaire, dans un contexte où la gestion de la sécurité demeure un enjeu central en République démocratique du Congo.