Justice : le CNC requis pour examiner les téléphones du Général Yav pour rechercher les preuves de l’infraction de trahison

Lieutenant-général Philémon Yav dans la salle d'audience
Lieutenant-général Philémon Yav dans la salle d'audience

La haute cour militaire a requis, vendredi 20 février, un expert du CNC aux fins d’examiner les téléphones du Lieutenant-général Philémon Yav Irung et d’y rechercher les preuves de l’existence de l’infraction de trahison mises à sa charge. 

Cet arrêt avant dire droit fait suite à une question soulevée dans ce sens par l’officier du ministère public, rejetée par les avocats du prévenu.

La haute cour militaire est toujours au stade de l’instruction du dossier pour rechercher des éléments à charge et à décharge. 

Après les interrogatoires du général Philémon Yav, plusieurs témoins et renseignants ont défilé, répondant aux questions de la juridiction militaire. Deux d’entre eux, le Général Yangba Tene et le Général Sylvain Ekenge ont relaté qu’au cours d’une réunion tenue au cabinet du Gouverneur militaire Constant Ndima, le Général Peter Chirimwami aurait déclaré que le prévenu lui avait montré un message venant d’une partie rwandaise disant : « Chirimwami bloque nos affaires ». Quant au Lieutenant - Général Fall Sikabwe, il a déclaré que le Général Yav était parmi les officiers ciblés par le Rwanda. Des opinions que ne partage pas le ministère public.

Le général Philémon Yav Irung est soupçonné d’avoir entretenu des contacts avec l’entourage de James Kabarebe. Depuis 2020, il avait été réaffecté dans l’est de la RDC, où il avait été nommé commandant de la troisième zone de défense des FARDC. Cette zone stratégique du dispositif de défense congolaise couvre les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Maniema et de la Tshopo. Le procès intervient près de trois ans après son arrestation, survenue en septembre 2022.

Surnommé « le Tigre », le général Philémon Yav figure parmi les officiers généraux originaires de l’espace Grand Katanga que certaines personnalités politiques, notamment Joseph Kabila, ancien chef de l’État, citent régulièrement pour illustrer ce qu’elles qualifient de marginalisation des officiers issus de cette région sous le régime du président Félix Tshisekedi. Ces allégations ont toutefois toujours été rejetées par l’armée congolaise, précisant que les interpellations et arrestations de certains officiers généraux et supérieurs s’inscrivent strictement dans le cadre de la législation militaire en vigueur.