Attaque du cortège de Fayulu et des cadres de Lamuka : le parti ADD-Congo appelle à la sécurisation de son siège et au démantèlement de la Force du progrès 

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Martin Fayulu lors de la signature du contrat social proposé par le réseau Pona Congo.

À la suite de la messe organisée à l’initiative de la coalition Lamuka à la paroisse Saint-Joseph de Matonge, dans la commune de Kalamu, à l’occasion du 34ᵉ anniversaire de la commémoration des martyrs chrétiens, victimes de la répression de la marche du 16 février 1992 consacrée à l’exigence de la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS), l’opposant Martin Fayulu et son cortège ont été attaqués sur l’avenue de l’Enseignement par des jeunes munis de pierres et d’armes blanches, selon des témoins.

Dénonçant sur le réseau social X (Ex Twitter) ces actes  qu’il qualifie d’" inacceptables ", l'ancien candidat Président de la République Martin Fayulu les attribue à la Force du progrès, une milice proche de l’UDPS/Tshisekedi, parti au pouvoir. Prince Epenge et plusieurs autres membres de Lamuka ont été évacués en urgence par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) à bord de leur véhicule communément appelé « Kabasele ».

Ces événements ont conduit le parti politique Action pour la démocratie et le développement au Congo (ADD-Congo), dirigé par Prince Epenge et membre de la coalition Lamuka, à saisir le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, afin de dénoncer ces actes. Selon cette correspondance parvenue à ACTUALITE.CD, ces violences sont contraires aux principes de l’État de droit prônés par la République démocratique du Congo et garantis par sa législation.

"Monsieur le Vice-Premier Ministre, ces actes constituent une atteinte grave à l'ordre public, à la liberté des citoyens, ainsi qu'à la sécurité des personnes et des biens. Nous exigeons: l'arrestation immédiate de Mr David Mbuyi auteur de l'attaque et ses amis complices; la restitution de tous nos biens emportés; Garantir la sécurité de notre président et celle du siège du parti; le démantèlement de la milice criminel force du progrès installé dans tous les coins de la ville", lit-on dans la correspondance.

Dans le même document, l’ADD-Congo réaffirme son attachement aux principes démocratiques, au respect de la Constitution ainsi qu’à la coexistence pacifique entre les formations politiques. Dans le même registre, ce parti politique de l'opposition et membre de la coalition Lamuka a fait part au patron de la territoriale d’un bilan qualifié de "lourd " à la suite de ces incidents et dit attendre des autorités des mesures de réparation.

"Bilan de l'attaque: Plusieurs blessés, acheminés vers les Centres de santé les plus proches; Quatre blessés graves (4) admis à l'Hôpital Olympique; Pertes matérielles importantes, notamment Sept (7) téléphones portables: 3 Phone 14 pro max de services de la communication numérique du parti, 1 Samsung S20 Galax Ultra et 3 Techno; Une moto marque TVS Type 125; Un sac dame ravis contenant la somme de 150 USD et 98500 FC; Plusieurs de nos militants venus de la circonscription de Lukunga demeurent, à l'heure actuelle, introuvables suite à la panique occasionnée", a fait remarquer cette formation politique.

Selon Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka, depuis ces incidents, son parti politique ne parvient plus à fonctionner normalement en raison des menaces récurrentes de la Force du progrès. Il estime que cette manière d’agir de la Force du progrès viole les lois relatives au statut de l’opposition ainsi que celles régissant le fonctionnement et l’organisation des partis politiques en République démocratique du Congo.

"Jusque là nous n'arrivons pas à accéder au siège du parti, comme là force du progrès à sa base juste devant nous et ils menacent toujours de venir nous attaquer, c'est pourquoi nous demandons au ministre de l'Intérieur de nous envoyer les policiers devant le siège pour nous sécuriser. À l'époque de Kabila Joseph quand on avait attaqué le siège de Joseph Olenghankoy on avait envoyé des policiers, quand on avait attaqué le siège de l'UDPS, on avait envoyé des policiers, nous lui demandons de nous envoyer là sécurité pour devant le siège afin de nous permettre de continuer à fonctionner. Là moi portant statut de l'opposition, la loi sur le fonctionnement des partis politiques nous donnent les droits de nous réunir normalement mais là devant nous il y a la force du progrès, c'est pourquoi nous demandons le démantèlement de cette base de la force du progrès qui est devant notre siège, ils menacent en permanence de nous envahir", a-t-il fait confié à ACTUALITE.CD.

Dans l’histoire politique de la République démocratique du Congo, la date du 16 février 1992 marquait le début d’une tragédie qui restera à jamais gravée dans la mémoire collective des Congolais. Ce jour-là, des manifestants qui réclamaient la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS) ont été violemment réprimés par les forces de l’ordre, sous le régime de l’ancien chef de l’État, feu le maréchal Mobutu Sese Seko.

Cette mobilisation, connue sous le nom de"Marche de l’espoir ", avait été organisée à l’initiative du Comité laïc de coordination, alors piloté par Pierre Lumbi et François Kandolo. Trente-quatre ans après ces événements, et à l’initiative de la coalition Lamuka, dirigée par Martin Fayulu Madidi, une messe commémorative a été célébrée ce lundi 16 février à la paroisse Saint-Joseph, dans la commune de Matonge, à Kinshasa.

Selon les organisateurs, cette commémoration rappelle la lutte pour la démocratie et les droits des citoyens, ainsi que les sacrifices consentis pour atteindre ces idéaux. À cela s’ajoute, selon Martin Fayulu, la pensée portée aux populations de l’Est du pays, victimes de la guerre d’agression rwandaise, de l’insécurité persistante, ainsi qu’à celles de l’Ouest de la RDC, confrontées à l’activisme de la milice Mobondo.

Clément MUAMBA