La société civile de Musienene, dans le territoire de Lubero, alerte sur des tracasseries dont sont victimes les populations déplacées dans la partie Est de Musienene, chef-lieu de la chefferie de Baswagha, dans la province du Nord-Kivu. Ces actes sont attribués à des miliciens wazalendo présents dans la zone.
Plusieurs déplacés sont contraints de payer une taxe jugée illégale pour exercer des activités de fabrication de braise. Le président de la société civile de Musienene, Kambale Maboko Fanuel, a indiqué à ACTUALITÉ.CD que les habitants de Vikindwe, Vulimira, Kirirya, Mutiri et des localités environnantes sont facturés à chaque charbonnière par des hommes armés identifiés par les victimes comme des miliciens wazalendo basés dans cette partie du territoire de Lubero.
D’après des témoignages recueillis, la taxe exigée varierait entre 5 000 francs congolais et 10 dollars américains par production.
La société civile souligne que ces pratiques affectent la vie communautaire dans une zone qui accueille un nombre important des personnes déplacées et appelle les autorités compétentes à mettre fin à ces agissements.
« Musienene accueille plusieurs déplacés, et ces déplacés sont démunis de tout. Quand ils cherchent comment subvenir à leur vie, ils se lancent dans de petits travaux, comme les travaux champêtres, soit la fabrication de la braise. Alors, la problématique est que, quand ils cherchent à faire de la braise, il y a souvent des taxes qui sont exigées par les hommes armés, et cela handicape leur façon de faire. Cela affecte même les familles d’accueil, parce que ce ne sont pas les déplacés seulement qui sont frappés par ces taxes-là. Cela nous pousse à faire un appel aux autorités politiques et administratives, à voir dans quelle mesure elles peuvent appeler les hommes en armes à cesser de maltraiter, soit de tracasser la population », plaide-t-il.
La société civile de Musienene ajoute que les mêmes pratiques sont également infligées à des scieurs et des commerçants de bois, qui sont soumis à des formes similaires de taxation par ces miliciens.
Le 31 janvier dernier, des déplacés originaires de Mwenye, Kiregha, Mausa et d’autres villages du secteur de Bapere et de la chefferie de Baswagha avaient lancé un ultimatum de 48 heures aux miliciens wazalendo présents dans leurs zones de provenance pour qu’ils quittent les lieux. Cette décision avait été prise à l’issue d’une réunion organisée au terrain ESCO, dans la ville de Butembo.
Réunis autour du président de la société civile de Mwenye et de celui de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC) de Butembo, les participants avaient estimé que les agissements des miliciens wazalendo sont à la base de leur déplacement. La conclusion de la rencontre a été présentée par Maître Mirembe Syavughangise, de la nouvelle société civile du Congo, s’exprimant au nom du président de la société civile de Mwenye.
Les habitants concernés avaient indiqué espérer un retour à une vie paisible, avec un contrôle exclusif du secteur par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Dans cette zone, des miliciens affiliés au groupe wazalendo sont régulièrement accusés de diverses exactions contre les populations civiles, notamment des pillages, des tracasseries, des violences sexuelles, des arrestations arbitraires, la perception illégale de taxes et l’érection de barrières non autorisées. Selon plusieurs sources, ces faits sont devenus récurrents dans la chefferie de Baswagha et à Musienene.
Josué Mutanava