Grands Lacs : l’UE débloque plus de 81 millions d’euros d’aide humanitaire

Déplacés de Rutshuru au Nord-Kivu
Déplacés de Rutshuru au Nord-Kivu

L’escalade du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) continue d’entraîner des déplacements massifs de populations. Les ressources alimentaires, l’eau et les abris sont presque épuisés, tandis que les femmes et les enfants sont de plus en plus exposés à la violence et à l’exploitation.

C’est dans ce contexte qu’en marge de la visite de la commissaire européenne à la préparation et à la gestion des crises, Hadja Lahbib, dans la région des Grands Lacs, et particulièrement en République démocratique du Congo, l’Union européenne a annoncé une enveloppe de 81,2 millions d’euros d’aide humanitaire destinée à l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Grâce à ce nouveau financement humanitaire, l’Union européenne fournira des services vitaux non seulement aux personnes les plus vulnérables vivant dans l’Est de la RDC, mais aussi aux réfugiés congolais contraints de fuir le pays. Ce financement permettra également de soutenir des projets d’aide au Burundi, où la fragilité persistante de la situation humanitaire continue de mettre en péril des communautés vulnérables, ainsi qu’au Rwanda et en Tanzanie.

"Sur ces 81,2 millions d'euros, 68 millions serviront à financer l'aide humanitaire à l'intérieur de la RDC, où le conflit et les déplacements de population entraînent les besoins les plus urgents. Ce financement permettra d'apporter une aide alimentaire et des soins de santé et nutritionnels d'urgence, de rétablir l'accès à l'eau, à des sanitaires et à des abris de base pour les familles déplacées, et de soutenir les services de protection, y compris les soins aux survivants de violences et la protection des enfants" précise le communiqué de l'UE rendu public ce mardi 17 février 2026

Selon le même communiqué de l’Union européenne, un montant de 13,2 millions d’euros sera consacré au soutien des mesures régionales d’aide aux réfugiés et au renforcement de la préparation aux catastrophes dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. Cette enveloppe vise à aider les partenaires humanitaires à réagir rapidement aux nouvelles arrivées de personnes déplacées ainsi qu’aux situations d’urgence liées à la crise.

La République démocratique du Congo fait face à l’une des crises humanitaires les plus graves au monde, en raison de la persistance du conflit armé, des déplacements massifs de populations, des épidémies et d’un niveau élevé de pauvreté. Plus de 21 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, tandis que la violence dans les provinces orientales continue de contraindre des familles à fuir de manière répétée, se retrouvant bien souvent dans des abris précaires ou des camps temporaires surpeuplés. Cette crise est aggravée par des violations généralisées des droits humains, des violences sexuelles liées au conflit et une insécurité alimentaire alarmante touchant près de 28 millions de personnes.

La situation humanitaire au Burundi demeure également fragile. Des centaines de milliers de réfugiés burundais restent déplacés dans les pays voisins, tandis que de nombreuses personnes sont déplacées à l’intérieur du pays en raison de risques naturels, notamment les inondations et les glissements de terrain. Les rapatriés éprouvent par ailleurs de grandes difficultés à reconstruire leur vie et à satisfaire leurs besoins fondamentaux, notamment en matière de nourriture, de soins de santé, d’eau, d’assainissement et de protection.

La récente escalade de la violence dans l’est de la RDC voisine a par ailleurs provoqué d’importants mouvements transfrontaliers. Depuis la fin de l’année 2025, des dizaines de milliers de réfugiés congolais ont afflué vers le Burundi, exerçant une pression supplémentaire sur des ressources déjà limitées, notamment les camps d’accueil, les services de santé et les systèmes d’approvisionnement en eau.

L’Union européenne, précise le communiqué, demeure l’un des principaux pourvoyeurs d’aide humanitaire dans la région. En 2025, elle a alloué 129,5 millions d’euros, dont la majeure partie a été destinée à la RDC, afin de fournir une assistance vitale non seulement dans le pays, mais également aux réfugiés installés dans les États voisins.

Clément MUAMBA