Le partenariat stratégique signé entre les États-Unis d’Amérique et la République démocratique du Congo, destiné à encadrer et à accélérer une série de projets jugés prioritaires pour l’industrialisation du pays, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques ainsi que le développement d’infrastructures clés, continue de susciter des réactions et de l’attention dans le secteur minier, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Réagissant aux questions de la presse ce mercredi 11 février 2026 lors de sa participation au Mining Indaba en Afrique du Sud, le ministre congolais des Mines, Louis Watum, a rassuré que son pays ne s’inscrit pas dans la rivalité entre les États-Unis et la Chine. En nouant ce partenariat avec Washington, en dépit de la présence chinoise déjà établie dans le secteur minier congolais, la RDC est avant tout motivée par le souci de son développement et par la volonté d’apporter des solutions concrètes aux problèmes de la population congolaise.
"La rivalité entre la Chine et les États-Unis ne nous intéresse pas. La République Démocratique du Congo doit jouer son propre jeu. Nous avons nos priorités, nos défis africains, nos responsabilités envers notre population. Notre enjeu central, c’est le développement humain. La RDC, comme la majorité des pays d’Afrique subsaharienne, a une population extrêmement jeune, avec un âge médian d’environ 18 ans. Nous devons investir massivement dans l’éducation, former des ingénieurs, créer des centres d’excellence, développer la recherche et entrer pleinement dans l’économie du savoir et de la propriété intellectuelle", a réagi le Ministre congolais des Mines.
Kinshasa affirme miser également sur la formation des compétences locales dans ce secteur stratégique du pays. Selon Louis Watum Kabamba, seulement 10 % du potentiel minier de la RDC est actuellement exploité, tandis que 90 % restent encore ouverts aux partenariats, dans l’optique de promouvoir le bien-être des populations.
"Nous voulons rapprocher l’université et l’industrie afin de former nos propres compétences. Voilà notre priorité. Notre agenda n’est pas dicté par la rivalité entre grandes puissances. Par ailleurs, la République Démocratique du Congo n’exploite aujourd’hui qu’une fraction, moins de 10 % de son potentiel minier. Les 90 % restants représentent un immense espace d’opportunités. Il y a donc de la place pour tout le monde. Il n’y a pas de logique d’exclusion ou de compétition imposée", a précisé le ministre.
M. Wathum a une nouvelle fois rejeté les allégations selon lesquelles, en signant ce partenariat avec Washington, Kinshasa aurait bradé ses minerais. Il a soutenu que les deux capitales ont mis un cadre d’intérêt mutuel, et le gouvernement la partie congolaise s’est alignée sur la défense des intérêts du peuple congolais.
"Quant à ceux qui pensent que nous allons « vendre » nos minerais aux États-Unis, je veux être très clair : nous n’avons rien vendu, et nous ne vendrons rien pour rien. Nous avons un devoir envers 120 millions de Congolais. Chaque décision doit servir l’intérêt national. Ce que nous avons conclu avec les États-Unis, c’est un cadre de discussion pour explorer des projets d’intérêt mutuel. Certains aboutiront, d’autres non. Cela dépendra des opportunités et de l’alignement des intérêts. La RDC continuera à dialoguer avec tous ses partenaires. Notre ligne directrice reste simple : défendre nos intérêts, diversifier nos partenariats et maximiser la valeur pour notre peuple", a rassuré M. Wathum.
Ce partenariat stratégique, précédemment appelé de "deal minier", constitue l’une des composantes des accords de Washington, signés sous les auspices de l’administration Trump. Il y'a une semaine, la première réunion du Comité de pilotage conjoint entre la RDC et les États-Unis s’est tenue au Département d’État américain, marquant une étape dans la mise en œuvre de l’accord de partenariat stratégique conclu entre les deux pays.
Les travaux ont porté sur l’examen de la liste des actifs stratégiques (Strategic Asset Reserve – SAR) soumise par la RDC, présentée comme une avancée dans l’opérationnalisation du partenariat. Cette liste doit faire l’objet d’un rapport conjoint destiné à informer le secteur privé américain des opportunités d’investissement identifiées.
Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à soutenir les investissements privés dans les secteurs des mines et de l’énergie en RDC, à développer les infrastructures nécessaires, à promouvoir la diversification économique au-delà de l’extraction minière, notamment par la transformation locale et le raffinage, ainsi qu’à renforcer le développement des capacités nationales.
Les projets appuyés par la DFC ont été retenus comme prioritaires par le groupe de travail conjoint. Une assistance technique est également prévue, avec le déploiement d’équipes américaines dans la région afin d’identifier les besoins d’appui en coordination avec les autorités congolaises.
Le partenariat stratégique RDC–États-Unis vise à transformer les ressources naturelles congolaises en leviers de croissance économique durable et à moderniser le tissu économique national, avec parmi les priorités l’investissement dans le corridor de Lobito. Un comité de suivi conjoint a été institué et doit entamer ses travaux immédiatement, selon la partie congolaise.
Clément MUAMBA